Ils sont des milliers à proliférer dans le monde depuis la fin des années 90, et jusque dans l'espace : les "Space Invaders", ces mosaïques pixelisées créees par le mystérieux Invader. Bav{art]dages reçoit ce dimanche deux d'entre elles, pour tenter de percer leur secret.

Il y a plus de 1.000 "space invaders" à Paris
Il y a plus de 1.000 "space invaders" à Paris © MaxPPP

Il ne fallait pas moins de deux spécimens de cette tribu des "Space Invaders" en mosaïque pour parler du projet de leur créateur, ce mystérieux artiste connu sous le pseudonyme d'Invader, et qui ne s'exprime toujours que derrière une capuche ou un masque pixellisé. Car au total, plus de 3.000 de ces Space Invaders sont collés sur les murs de 65 villes du monde... et jusque dans l'espace.

Chacune de ces petites mosaïques est une oeuvre d'art à part entière. Mais ce n'est pas tout ! "Si on considère l'invasion du monde par les Space Invaders comme une seule performance, un grand projet,alors le travail d'Invader n'est plus qu'un seul et unique oeuvre en cours de réalisation , dont chacun d'entre nous fait partie", nous explique l'un des invaders dans le studio de France Inter ce dimanche.

Reste à savoir tout ce que cela veut dire. Il y a, certes, le côté contestataire qui consiste à poser des oeuvres d'art là où c'est interdit - et jusque dans les salles du Louvre (encore que, selon l'un des Invaders, l'artiste s'est "institutionnalisé" depuis qu'il réalise des commandes publiques). Il y a aussi la désacralisation de l'art permise par son arrivée dans la rue. Mais il y a, selon l'un des space invaders, "une troisième interprétation selon laquelle Invader a voulu faire sortir les créatures pixellisées du jeu vidéo", nous a expliqué l'une de ces mosaïques.

L'anecdote en plus

​Vous avez envie de voir le tout premier Invader posé à Paris ? C'est impossible ! Car cette mosaïque n'est plus visible. Installée passage de la Main d'Or à Paris, non loin de Bastille, elle a été recouverte d'enduit... Mais elle est toujours là .

Le tout premier Invader, créé deux ans avant le début de "l'invasion", en 1996
Le tout premier Invader, créé deux ans avant le début de "l'invasion", en 1996 © CC BY-SA / Nelson Minar

Cette première mosaïque est une sorte de "fossile", comme l'explique Invader lui-même : arrivée en 1996, deux ans avant le début officiel du projet "Space Invaders", elle est à la fois une "sentinelle", avec un côté précurseur, et en même temps elle fait partie intégrante de la série, nommée PA_001 sur le registre qui répertorie tous les Space Invaders posés .

On aurait aussi pu inviter...

Une oeuvre de Banksy, comme par exemple le poster conçu pour la campagne "Save or Delete" de Greenpeace, où l'on voit les personnages du Livre de la Jungle en bien mauvaise posture dans une jungle rasée. Comme Invader, Banksy a commencé dans la rue avant de devenir l'un des artistes les plus en vogue de l'époque . Comme Invader, il agit toujours masqué. Comme Invader, il s'inspire régulièrement des codes de la culture pop pour ses oeuvres.

Comme Invader (qui a été désigné comme le street artist français le plus influent par le site Artistik Rezo), Banksy voit ses oeuvres s'arracher de plus en plus cher et exposées au musée. Mais tous deux continuent à privilégier la rue comme terrain de jeu .

La voix

​Les voix des Space Invaders vous sont familières ? Normal ! Elles sont incarnées par Clémence Fulleda et Olivier Bénis, tous deux journalistes à Radio France . Lauréate du Tremplin Radio France en 2014, Clemence Fulleda travaille pour l'ensemble des rédactions du groupe. Olivier Bénis, journaliste à Franceinter.fr, présente en alternance la chronique Net Plus Ultra. Il était ce dimanche aux commandes de la revue de presse dans le 6-9 du week-end.

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