En 1974, petite révolution dans le monde de la philatélie : Miro crée une oeuvre spécialement pour un timbre. Ce dimanche, ce timbre est notre invité.

Joan Miro au travail, ici en 1981
Joan Miro au travail, ici en 1981 © AFP / Ralph Gatti

C'est la plus petite oeuvre que nous aurons jamais reçue dans Bav[art]dages : avec ses quelques centimètres carrés, ce timbre poste a été conçu spécialement par l'artiste Joan Miro pour La Poste en 1974.

Il est le premier de la "série artistique" lancée par les PTT à l'époque, et qui deviendront une des plus grandes galeries d'art de France en modèle réduit : chaque timbre de cette série a eu un tirage bien supérieur à la moyenne, avec plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.

Ce dimanche, dans Bav[art]dages, il nous raconte son histoire... avec l'aimable participation de Nicole Ferroni !

A gauche, le timbre, à droite, sa maquette originale / collections du Musée de La Poste - Paris
A gauche, le timbre, à droite, sa maquette originale / collections du Musée de La Poste - Paris / La Poste // © Successió Miró / Adagp, Paris 2017

L'invité de Bav[art]dages répond à vos questions ! #BVDInter

Si vous parlez de valeur marchande, peut-être qu'effectivement, je vaux moins que d'autres – et encore, ma maquette originale pourrait s'arracher pour une bonne somme. Mais il y a quelque chose qui compense : je pense que peu d'œuvres de Joan ont été autant vues que moi. La Poste avait émis un tirage colossal des timbres de sa série artistique, plus que n'importe quelle série de timbres. J'ai circulé sur plus de 6.800.000 enveloppes différentes !

Ah, vous abordez une question épineuse. Alors si votre question est de savoir si je suis une oeuvre d'art qui représente un timbre, la réponse est non : je suis bel et bien une oeuvre d'art qui a pour support un timbre, qu'on peut coller sur une enveloppe et poster dans une boîte aux lettres.

Mais le terme de "représentation" n'est pas complètement insensé, car, vous imaginez, Joan n'a pas peint à même le timbre. Il en a fait une maquette, qui a ensuite été reproduit sur des centaines de milliers de timbres. Donc au fond, je suis un timbre qui représente une oeuvre !

Capture d'écran Facebook Bavartdages
Capture d'écran Facebook Bavartdages

Aussi barrée qu'une oeuvre de Miró, si vous voulez ! Mais vous savez, l'abstraction de Joan avait une bonne raison : il pensait une peinture libre avant tout, qui ne soit prise dans aucune règle contraignante. Ça explique que ses tableaux aient l'air parfois si fous !

Il faut être timbré pour parler avec n'importe quelle oeuvre d'art de toute façon ! Quant à mon timbre, il correspond plutôt à mon gabarit, vous imaginez bien ! Écoutez plutôt mon interview pour vous en rendre compte !

Vous n'avez pas tort cela dit : les heures de gloire de l'art postal sont bien passées. Mais tout espoir n'est pas perdu, vous savez ! Tenez, un exemple : en 2006, un artiste belge a transmis une image scannée de l'une de ses oeuvres par e-mail à un de ses amis artistes, Ramzi Turki. Et celui-ci l'a envoyée à tout son carnet d'adresses, en appelant à des réponses, des interactions, il en a reçu plus de 200. C'est en quelque sorte un art postal nouvelle génération !

Ha ha ha, elle est bien bonne ! Blague à part, j'étais un timbre pas exactement comme les autres. Je coûtais deux francs, là où les timbres standard l'année de mon émission coûtaient 60 centimes. Quant aux tarifs lents (qui s'appelaient à l'époque "plis non urgents"), ils étaient à 30 centimes. Alors avec moi et mon petit oiseau, les envois étaient du genre rapides (et acceptaient des poids plus importants).

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