Dans la sixième salle de notre exposition consacrée à l'actualité de 2018, nous revenons sur la place des femmes dans l'art, avec les œuvres d'un collectif qui s'est engagé pour faire entrer les femmes au musée.

Les Guerrilla Girls agissent toujours vêtues d'un costume de gorille... et en talons aiguille.
Les Guerrilla Girls agissent toujours vêtues d'un costume de gorille... et en talons aiguille. © AFP / Peter Steffen / DPA

Après l’affaire Weinstein, le monde du cinéma a été remué ces derniers mois : au-delà de la question du harcèlement sexuel, celle de la place des femmes dans l’industrie cinématographique s’est posée. Et dans l’art ? Quelle est la place des femmes artistes dans la création, dans les musées, dans le marché de l’art ? Nous abordons cette question aux côtés d'une journaliste experte des questions liées au féminisme, Lauren Bastide. 

L'oeuvre principale : les affiches des Guerrilla Girls

En 1985, le MoMA de New-York organise une exposition sur l’état actuel de l’art. Mais sur les 169 artistes participants à l’exposition, seuls 13 sont des femmes. Un groupe de femmes artistes décide de manifester devant le musée… sans succès. Elles décident alors de prendre le monde de l’art à son propre jeu, et deviennent les Guerilla Girls, des activistes qui agissent en talons aiguilles et masques de gorille

Inspirées des codes de la publicité, proches des codes visuels et de l’activisme d’associations comme ActUp à l’époque, leurs affiches ne manquent pas d’humour, comme lorsqu’elles font la liste des avantages d’être une femme artiste. Pourtant, elles ne demandent ni des quotas de femmes, ni la parité. Elles s’indignent simplement contre le fait que moins de 10% des artistes présentés dans les grandes institutions culturelles soient des femmes.

Les autres oeuvres présentées dans cette salle

"MesuRAGEs", par ORLAN : L'artiste ORLAN a beaucoup travaillé sur la place des femmes dans le monde de l'art. Dans sa performance MesuRAGEs, qu'elle a créée à la fin des années 60 et réactivée de nombreuses fois depuis, notamment au Centre Pompidou, elle prend les mesures d'un lieu en se plaçant comme unité référentielle. En d'autres termes, elle se met au sol et mesure le nombre de fois que son corps entre dans la distance. Cette mesure est appelée ORLAN-corps.  

"Blutclip", de Pipilotti Rist : Peut-on faire de l'art engagé et féministe sans forcément provoquer le choc ? C'est l'un des préceptes de l'artiste suisse Pipilotti Rist : tout en plaçant l'image et le corps de la femme au coeur de ses créations, ses vidéos et installations sont pop et légères, et cherchent à mettre le spectateur dans un état de bien-être, de sourire. Dans "Blutclip", réalisé comme un vidéoclip avec une musique pop, il est pourtant question des règles, montrées sans filtre. 

(Attention, cette vidéo peut heurter la sensibilité des spectateurs les plus sensibles).

Les performances de Deborah de Robertis : Elle s'est faite remarquer à plusieurs reprises, y compris par la justice. L'artiste Deborah de Robertis intervient dans des lieux d'art, où elle réincarne des personnages d'oeuvres d'art, souvent en montrant une partie de son anatomie. Une autre façon, encore, de réfléchir sur la place des femmes dans les musées. Sont-elles condamnées à être les modèles, souvent nus et sexualisés, des oeuvres d'art ?

L'invitée surprise : "Maman", de Louise Bourgeois

L'an dernier, Bav[art]dages était parti à la rencontre de l'araignée "Maman" de Louise Bourgeois : une sculpture aussi imposante qu'inquiétante, hommage à la figure maternelle. Elle évoque la mère de Louise Bourgeois, et symbolise à la fois l'attitude protectrice d'une mère avec ses oeufs, parfois étouffante. Réécoutez son interview ici

Le générique

  • Laora Climent est l'affiche "Gorille" des Guerrilla Girls. Avec la compagnie de théâtre Okto, elle joue "Levez-vous pour les bâtards" le 9 septembre au théâtre de Ménilmontant à Paris, et les 15 et 16 septembre au Labo Victor Hugo à Rouen.
  • Mathilde Bivort prête sa voix à l'affiche "Les avantages d'être une femme artiste"
  • Et merci également à Lauren Bastide dans son propre rôle, que vous pouvez écouter chaque samedi dans Les Savantes sur France Inter. 
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