Le plus grand tableau du Louvre est notre invité ce dimanche sur France Inter. Il se confie sur son histoire, et sur sa vie quotidienne pas facile, face à un tableau vedette.

La plupart des visiteurs tournent le dos aux Noces de Cana
La plupart des visiteurs tournent le dos aux Noces de Cana © Maxppp /

Avec plus de 6,60m de haut, c'est le plus grand tableau du Louvre. Les Noces de Cana a tout pour être heureux: un peintre reconnu comme l'un des plus grands de l'histoire, une histoire biblique très noble - le miracle de la transformation de l'eau en vin, un raffinement extrême.

Et pourtant, Les Noces de Cana est un tableau malheureux. La raison? Il vit au quotidien en face de la Joconde, l'oeuvre d'art la plus célèbre du monde. Ce dimanche, nous partons à sa rencontre.

Les Noces de Cana répondent aux questions que vous leur avez posées sur Facebook et Twitter !

Ce sont les deux personnages situés à l'extrême gauche de la table, très joliment parés. Vous les voyez ? La mariée est vêtue de blanc et le marié d'une belle étoffe rouge.

Vous avez remarqué leurs expressions d'ailleurs ? Ils sont presque les seuls, parmi les 132 personnages que je représente, à ne pas parler. La mariée est comme fascinée par le miracle en train de se produire, l'époux quant à lui voit face à lui un majordome (en vert) démissionner, vexé que ce cru issu d'une transformation de l'eau soit si bon. Les époux sont au coeur de l'action !

Un peu plus d'un an : le temps d'exécution n'est pas certain, mais c'est en tout cas le temps qui lui était alloué pour me peindre. J'ai été commandé à Véronèse le 6 juin 1562, pour être terminé et livré à mes commanditaires, au réfectoire du monastère San Giorgio Maggiore, à Venise, le 8 septembre 1563. Je vous laisse faire le calcul !

Parmi la pléthore de personnalités de l'époque de Paul Véronèse a peintes sur moi (on reconnait notamment François 1er et Charles Quint), il y a en effet un certain nombre de ses amis, qui prennent les traits des musiciens installés au premier plan. C'est en tout cas l'interprétation la plus largement acceptée, quoique parfois mise en doute.

Paul s'est représenté lui-même en train de jouer de la viole à archet, aux côtés du Tintoret, du Titien et de Bassano. A eux quatre ils forment le plus beau quatuor de maîtres italiens de la peinture !

Pour répondre à votre deuxième question, je suis arrivé au Louvre (qui s'appelait le "Muséum central des arts" à l'époque) le 31 juillet 1798. Je faisais partie des oeuvres données par l'Italie à la France après la première campagne menée par Napoléon sur les terres italiennes. Ma cession de l'Italie à la France fait partie des clauses du traité de Campformio, le 17 octobre 1797. Et j'ai failli y retourner en 1815 sur demande de l'Autriche (qui occupait alors l'Italie), mais Denon, qui administrait le Louvre, les a convaincu que je serais trop difficile à transporter !

C'est un enfer ! Vous n'avez pas idée de ce que c'est d'être un grand et majestueux chef-d'oeuvre comme moi, et de se faire voler la vedette par une toile minuscule. J'aime beaucoup Léonard de Vinci, hein, là n'est pas le problème, mais je dois vous avouer qu'à la nuit tombée, la Joconde et moi nous crêpons souvent le chignon.

Pourquoi caché ? Il n'est pas caché, ce chat ! Il est même au tout premier plan ! Mais si, regardez bien ! Il est là, en bas à droite, en train de faire ses griffes sur l'une des amphores !

Alors pour être très exact je couvre plutôt une surface de 67 m2. Si c’est pour un achat, avec le prix au mètre carré dans cet arrondissement, comptez bien 750.000 euros, net vendeur ! Et encore, il risque d’y avoir de petits travaux d’aménagement et d’encadrement à faire sur moi, ha ha !

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