La deuxième salle de notre expo virtuelle consacrée à l'actu de 2018 est dédiée aux liens entre l'art et le football. On pourrait penser que le public du foot et celui des musées n’est pas le même. Et pourtant, ces deux disciplines sont beaucoup plus proches qu’on peut le penser…

L'oeuvre exposée devant le Centre Pompidou en 2012... et dénoncée par un manifestant
L'oeuvre exposée devant le Centre Pompidou en 2012... et dénoncée par un manifestant © AFP / Thomas Coex

Le parcours de l'équipe de France au mondial de football fascine le public. Et les artistes aussi ? Malgré les apparences et les préjugés, le sport le plus populaire du monde fascine les peintres, sculpteurs et vidéastes. Depuis le début du XXe siècle, les plus grands comme les jeunes talents se sont intéressés à ce sport, à ses joueurs, à ses supporters et au culte qui l'anime. 

L'oeuvre principale : Adel Abdessemed, "Coup de tête"

Cette sculpture très réaliste ne vous rappelle-t-elle pas une scène bien connue ? C’est l’un des traumatismes nationaux : le 10 juillet 2006, en pleine finale de la coupe du monde de football, alors que rien n’est encore joué dans le match France-Italie, Zinedine Zidane, qui joue ce soir-là son dernier match, donne un coup de tête au joueur italien Marco Matterazzi. 

En 2012, l’artiste français Adel Abdessemed réinterprète cette scène en en faisant une immense sculpture, exposée d’abord sur le parvis du Centre Pompidou. Une oeuvre inspirée d’une image restée dans l’inconscient collectif, que Zinedine Zidane a lui-même très mal vécue, allant jusqu’à écrire à l’artiste pour lui faire part de son mécontentement. Depuis, à chaque fois que l’oeuvre a dû être exposée de façon pérenne, quelque chose a bloqué son installation - une sorte de malédiction du foot ? 

En 2013, l'oeuvre a été installée sur la corniche de Doha, puis rapidement démontée
En 2013, l'oeuvre a été installée sur la corniche de Doha, puis rapidement démontée © AFP / STR

Les autres oeuvres exposées dans cette salle

"Les joueurs de football" du Douanier Rousseau : fasciné par les évolutions qu'il traverse, Henri Rousseau (dit Le Douanier) a peint des bateaux, des avions, des usines... et des joueurs de foot ! Ce tableau est l'un des plus célèbres consacrés à ce sport, et l'un des seuls où Rousseau a tenté de transcrire une forme de mouvement. Et comme dans nombre de ses tableaux où des éléments improbables se côtoyaient, les joueurs de football se retrouvent à jouer... avec les mains ! 

"Inclinaison" de Marie Denis : en 2003, l'artiste Marie Denis détourne les codes et les règles du foot. Dans le parc olympique de Munich, elle organise un match qui se joue sur un terrain... tracé sur le flanc d'une colline. Les joueurs doivent désormais prendre en compte l'inclinaison du terrain dans leur jeu, et ce n'est pas chose aisée !

H-8 #⚽️ #MarieDenis #inclinaison

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"La Tonsure (After Marcel Duchamp)", du None Futbol Club : ce duo d'artistes a choisi de réinterpréter un acte artistique de Marcel Duchamp, qui en 1919, avait choisi de se tondre une partie des cheveux, en forme de comète, geste fort et anticlérical, osé pour l'époque et immortalisé par le photographe Man Ray. Plusieurs années plus tard, ils ont fait faire la même chose... mais à Djibril Cissé, à l'occasion de son match avec l'équipe de Bastia, pour infiltrer un peu d'art contemporain dans le monde du foot...

"Zidane, un  portrait du XXIe siècle", de Douglas Gordon et Philippe Parreno : en 2005, ces deux artistes vidéastes demandent à Zinedine Zidane de se prêter à une expérience inhabituelle. Pendant un match qu'il joue avec le Real Madrid, les deux artistes le filment en permanence avec 17 caméras haute définition, durant tout le temps de la partie. Le résultat, c'est un film entièrement cadré sur la vedette, qu'il ait ou pas le ballon, qu'il soit actif ou non... jusqu'à son expulsion en fin de match, qui sonne la fin du film. L'oeuvre existe en deux versions, l'une, linéaire, sortie au cinéma, l'autre projetée sur 17 écrans à la fois, dans les musées. 

L'invité surprise

Et si "Le Cri" était un cri de supporter ? Pour l'occasion, nous vous proposons de réécouter le tout premier épisode de Bav(art)dages, où l'oeuvre d'Edvard Munch était notre invitée, pour tenter de définir quel était cet étrange cri.

Le générique

Nicolas Demorand, présentateur du 7-9 de France Inter, prête sa voix à "Coup de Tête" de Adel Abdessemed

Fanny Cohen Moreau, attachée de production du Débat de midi sur France Inter et productrice du podcast Passion Médiévistes, incarne "Les joueurs de football" du Douanier Rousseau

Baptiste Collion est, pour la deuxième fois de l'été, le robot Berenson. 

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