La Russie n’est pas que le pays d’accueil de la Coupe du Monde cette année : c’est aussi l’un des pays au coeur de l’actualité de 2018. La Russie est un pays complexe, et le travail de ses artistes le montre bien.

Un extrait de l'installation de AES+F, "Suspectes", ici au Centre Pompidou
Un extrait de l'installation de AES+F, "Suspectes", ici au Centre Pompidou © Radio France / Julien Baldacchino

La troisième salle de "2018 l'Exposition" est consacrée à un pays qui a fait l'actualité de 2018 : la Russie. Si tous les yeux sont braqués vers elle ce dimanche pour la finale de la Coupe du Monde, le pays a aussi été sous les projecteurs pour les soupçons d'implication dans la présidentielle américaine, pour la personnalité et la politique de son président Vladimir Poutine. Mais au fond, c'est quoi l'art russe ? 

L'oeuvre principale : "Les suspectes", de AES+F

Le collectif AES+F est l’un des acteurs les plus connus de l’art contemporain russe. Il mêle tous les supports artistiques, maniant les installations et la vidéo tout comme la peinture et la photo, qu’il utilise dans des compositions complexes et étonnantes, faites d’hybridations et d’images transformées.

A mille lieues de cette complexité, l’installation "Suspects" met le spectateur face à 14 photos, en toute simplicité. 14 photos de jeunes adolescentes. Mais parmi ces jeunes filles, la moitié d’entre elles sont des meurtrières. Lesquelles ? Comment faire la différence ? C’est impossible… et c’est parce que c’est impossible que c’est troublant.  

Les autres oeuvres présentées dans cette salle

"Le boeuf écorché", de Chaïm Soutine : Même si Soutine est né en Russie, c'est après son arrivée en France, au début des années 1910, que sa carrière de peintre a pris une plus grand ampleur. Mais ce motif du boeuf écorché, récurrent dans son travail, pourrait, lui, venir de souvenirs d'enfance des ghettos de l'ancien empire russe. Le Musée de l'Orangerie relate que Soutine racontait : "Une fois j’ai vu ce boucher couper la gorge d’une oie et la saigner. J’ai voulu crier mais son regard joyeux me rentra le cri dans la gorge (...). Quand j’ai peint le bœuf écorché, c’était encore ce cri que je voulais que je voulais libérer. Je n’y suis pas parvenu".

"La Cène", d'Andréi Filippov : Une table, une nappe rouge, treize convives comme pour le dernier repas du Christ... et des couverts en forme de faucille et de marteau. A sa façon, l'artiste évoque la chute de l'URSS. 

"Bouche cousue", de Piotr Pavlenski : Piotr Pavlenski est l'un des artistes russes contemporains dont le travail va le plus loin. Activiste contre le régime de Vladimir Poutine, il n'hésite pas à se coudre la bouche ou à se clouer le scrotum sur le sol de la Place Rouge. Accueilli en exil en France en 2017, il refuse toute aide du pays et continue ses actions, mettant le feu à un bâtiment de la Banque de France. 

L'invitée surprise : "Carré Blanc sur fond blanc", de Kasimir Malevitch

Au début du XXe siècle, la Russie était l'un des lieux, avec la France notamment, des avant-gardes les plus avancées dans le monde de l'art. Parmi les artistes qui recherchent la fin de la figuration, voire, plus loin, la fin d'une certaine idée de la peinture, figure Kasimir Malevitch, qui s'est fait connaître notamment par son quasi-monochrome "Carré blanc sur fond blanc". Nous l'avons interviewée dans la deuxième saison de Bav(art)dages, dans cet épisode à réécouter.YouTube - Jean Mineraud

Le générique

Julia Blair, Ambre Rochard et Alicia Rousseau ont prêté leur voix aux portraits de l'installation "Suspectes". Elles sont à l'affiche de la pièce "Coeur'elles" de Christophe Botti, mise en scène par Christophe Botti et Delphine Alexandre, le 28 juillet au festival "Les Coups de Coeur" à Saint-Martin-de-Brômes.
 

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