Dans l'avant-dernière salle de notre expo consacrée aux thèmes qui ont fait l'actu de 2018, nous partons à la croisée d'un autre domaine de l'art. Pas vraiment 7e art, mais pas si éloigné que ça : les séries télévisées ont une influence jusque dans le monde de l'art.

Une installation de David Lynch à la Fondation Cartier, qui n'est pas sans rappeler les décors de Twin Peaks
Une installation de David Lynch à la Fondation Cartier, qui n'est pas sans rappeler les décors de Twin Peaks © Maxppp / David Fernández/EFE/Newscom

C’est l’une des nouvelles formes d’art depuis plusieurs années. Proche du 7e art, mais avec ses propres codes, la série télévisée s’est imposée comme un lieu de création pour les grands du cinéma, mais aussi pour de jeunes créateurs qui maîtrisent le format sur le bout des doigts. 

Un format passé dans la culture populaire, au point que les artistes contemporains se l’approprient aussi, désormais… à leur façon. 

L'oeuvre principale : "No more reality" (Twin Peaks), de Philippe Parreno

En 1991, l’artiste Philippe Parreno prépare, avec d’autres artistes de sa génération, une exposition en résidence à la Villa Arson, à Nice. Et le soir, ils regardent en boucle les cassettes de la toute jeune série imaginée par David Lynch : Twin Peaks, qui les inspire fortement. 

Parreno décide alors de reproduire le panneau d’entrée de Twin Peaks pour l’entrée de l’expo. Au delà de l’hommage à la série télévisée, cette oeuvre pose le question du passage de la réalité à la fiction, du vrai monde à celui du rêve. 

Les autres oeuvres de cette salle

"The National Anthem", de Bloom Carlton : Cette performance de l'artiste Bloom Carlton, lauréat du prix Turner, à l'occasion d'une exposition à la Tate Modern de Londres, a choqué la Grande-Bretagne. L'artiste a enlevé la princesse d'Angleterre et demandé, en rançon pour sa libération, que le Premier ministre ait des relations sexuelles. Avec une truie. A la télé. En direct. Heureusement, cette oeuvre d'art contemporain n'a pas existé pour de vrai : elle est au coeur du scénario du tout premier épisode de la très dystopique série d'anthologie Black Mirror. 

Les "microfilms" de The Blood Next Door : les séries télévisées ont poussé les scénaristes à imaginer un tempo différent pour leurs histoires, un déroulé plus long avec un découpage plus séquencé, où le "cliffhanger" de fin a toute son importance. De son côté, le duo d'artistes The Blood Next Door a aussi imaginé une dimension temporelle différente pour ses films : des films de 30 secondes maximum, où le scénario est réduit à sa portion la plus caractéristique. En voici trois exemples : 

Le générique

  • Frédérick Sigrist prête sa voix à l'oeuvre de Philippe Parreno
  • Baptiste Collion est encore Berenson.
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