Dans la quatrième salle de notre exposition consacrée à l'actualité de 2018, plusieurs œuvres, dont la "Fillette à la corbeille fleurie" de Picasso, qui s'est vendue 115 millions de dollars en mai dernier dans la vente de la collection Rockefeller, réfléchissent à ce qui peut faire la valeur de l'art.

Le tableau "Fillette à la Corbeille fleurie" de Picasso s'est vendu pour un prix record en mai dernier
Le tableau "Fillette à la Corbeille fleurie" de Picasso s'est vendu pour un prix record en mai dernier © AFP / Johannes Schmitt-Tegge / DPA

Des oeuvres d’art toujours plus chères, des fondations privées de plus en plus énormes, des expositions-événement, du mécénat partout… le monde de l’art est-il devenu le monde de l’argent roi ? Quand un tableau se vend cher, est-ce un bon tableau ? Et si ces questions ne trouvaient jamais de réponse ? 

L'oeuvre principale : "Fillette à la corbeille fleurie", de Pablo Picasso

Le 8 mai dernier, cette toile est devenue l’un des dix tableaux les plus chers de l’histoire de l’art. Peint en 1905 par Pablo Picasso, il a été adjugé, plus de 100 ans plus tard, pour la somme de 115 millions de dollars lors d’une vente aux enchères historique, celle de la collection Rockefeller organisée par la maison de vente Christie’s.

Le tableau prend pour modèle Linda la bouquetière, fleuriste de Montmartre qui a aussi été modèle pour Modigliani ou Van Dongen. Sur ce tableau, deux éléments attirent l’oeil : les fleurs rouges de la corbeille et le regard noir de la jeune fille. La première propriétaire du tableau, la collectionneuse américaine Gertrude Stein, l’avait achetée à l’époque pour une bouchée de pain. 

Il rejoint le palmarès des tableaux les plus chers du monde, au sommet duquel on trouve une pièce aussi rare que chère, Salvator Mundi de Leonard de Vinci, adjugé en novembre 2017 pour 450 millions d’euros. 

Les autres oeuvres présentées dans cette salle

"La Valeur de l'art", de Christa Sommerer et Laurent Mignonneau : imaginez, un tableau comme un autre... mais dont le prix augmente à chaque fois que vous le regardez ! C'est l'idée du duo d'artistes formé par Christa Sommerer et Laurent Mignonneau, qui ont acheté un tableau dans une foire à la brocante et l'ont équipé d'une caméra capable de détecter quand l'oeuvre est regardée. Ainsi, sa valeur augmente d'un euro à chaque fois que l'oeuvre est regardée pendant dix secondes. Pour les artistes, c'est une façon de réfléchir sur les raisons qui expliquent la valeur de l'art, avec une tentative "d'objectiver" cette valeur. 

"Vuitton Liquided", de ZEVS : L'artiste ZEVS, venu du street-art, s'est fait connaître en "liquidant" des logos et affiches publitaires, une technique qui consiste à les faire "dégouliner" en ajoutant de la peinture. L'an dernier, il a investi le château de Vincennes pour une carte blanche. Parmi ses cibles de détournement favorites, une marque : Louis Vuitton. ZEVS parodie par exemple les sacs Vuitton en utilisant le monogramme LDV de Léonard de Vinci. D'autant plus troublant que cette marque, par sa fondation et ses partenariats avec des artistes, est l'une des plus impliquées dans le monde (et le marché de l'art). 

Un monochrome blanc d'Antrios : Qu'est-ce qui peut justifier qu'on achète une fortune une merde blanche ? Ou plutôt, un tableau blanc sur lequel on distingue quelques liserés plus clairs ou plus foncés ? C'est tout l'objet de la pièce Art, de Yasmina Reza. L'objet de la discorde est un tableau d'un peintre imaginaire : Antrios. Mais les questions qu'il soulève reviennent souvent quand on évoque le marché de l'art : deux cent mille francs, est-ce le prix pour un tableau blanc ?

L'invité surprise : "Balloon Dog", de Jeff Koons

C'est aussi une oeuvre qui vaut une fortune pour les collectionneurs : le célèbre "Balloon Dog" de Jeff Koons, cette sculpture en acier qui représente un chien en baudruche. Lorsque nous l'avions reçue dans la première saison de Bav[art]dages, cette oeuvre monumentale avait dû faire face à Fontaine, l'urinoir de Marcel Duchamp, qui l'accusait d'avoir parasité l'idée du "ready-made" pour en faire un objet clinquant, fait pour se vendre. 

Le générique

  • "Fillette à la corbeille fleurie" est interprétée par Sophie Le Cam.
  • "La valeur de l'art" est incarné par Didier Varrod.
  • Gaudéric Grauby-Vermeil prête sa voix au tableau d'Antrios.
  • Baptiste Collion est le robot Berenson. 
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