Chaque dimanche, on se livre à un petit exercice d'actu-fiction : et si un système mis en place à l'étranger était transposé en France, comment pourrait-il fonctionner ? Comment pourrait-il améliorer notre quotidien?

Les français peinent à bouger leurs popotins

Selon l’eurobaromètre de décembre 2017 consacré au sport et à l’activité physique, 46% des Français déclarent tout simplement ne jamais faire de sport. En Suède, ils ne sont que 15% à ne jamais pratiquer une activité physique. Quant au sport en entreprise, là aussi, il y a encore du travail. 

Si les journaux laissent paraître une tendance de fond et si le sujet est de plus en plus traité, il y a une réelle distorsion entre les idées et la réalité du terrain. 

Quatre-vingt sept pour cent des chefs d’entreprise se disaient convaincus des bienfaits du sport selon une étude menée l’an dernier conjointement par le Comité national olympique et sportif français et le Medef. 

Cependant,  seulement dix-huit pour cent des sociétés ont mis en place des actions, et encore ce sont bien souvent des défis sportifs très ponctuels. 

S'inspirer des modèles scandinaves? 

Une réalité bien différente en Suède ou en Finlande, les pays qui comptent le plus de pratiquants sportifs. Dans ces pays, des mesures incitatives sont mises en place pour la pratique du sport en entreprise comme chez le Finlandais Pekkaniska avec des primes pour les salariés sportifs ou chez les Suédois Björn Borg ou Kalmer Vatten qui ont rendu le sport obligatoire en imposant une heure de sport hebdomadaire pris en charge par la société.

Des changements en prévision dans l'hexagone

Le ministère des Sports a lancé, dans le cadre des Jeux Olympiques de 2024, une vraie réflexion sur la pratique du sport et pas seulement du sport de haut niveau. 

Une loi pourrait prochainement entrer en vigueur pour faciliter la réglementation du sport au sein des entreprises. Le Président de la République en personne a lui fixé un objectif de trois millions de pratiquants supplémentaires dès 2022. 

Une question de santé publique

D’après l’OMS, l’inactivité physique serait impliquée dans plus de trois millions de décès évitables chaque année, dans le monde. 

Selon Vianney Fritsch, président et co-fondateur de la start-up Monos, la question est également économique. Il propose depuis un an du sport aux entreprises et constate qu'il existe bel et bien un marché à occuper. 

Ajoutons ce dernier chiffre : d’après une étude du cabinet Goodwill management pour le Medef et le Comité olympique, un salarié sportif coûte entre 308 et 348 euros de moins en frais de santé (moins d’arrêt de travail, de frais médicaux,…)

Quels sont les freins au développement du sport en entreprise en France ?

Le manque de financement n'explique pas tout. L’argument le plus souvent cité, c’est le manque de place dans les sociétés et l’absence de douches. Un argument qui, selon Vianney Fritsch ne tient pas. 

En effet, certaines entreprises arrivent à passer outre ces obstacles. A la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, la société Agricool a sauté le pas depuis trois ans et propose une heure de cours tous les mardis soirs à ses salariés. Et cela plaît.

Le sport en entreprise semble bien parti pour se développer en France, avec de nombreuses sociétés de service dédiées qui s'apprêtent à fleurir à la rentrée. 

  • Un sujet signé Fanny Lechevestrier. 
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