Coup de projecteur sur l'un des personnages les plus populaires, mais aussi l'un des plus complexes, de la maison d'édition DC Comics : Wonder Woman.

En 1961, Jack Kirby et Stan Lee, le savoir faire et le faire savoir des éditions Marvel, créent la première équipe de super héros qui va poser les bases du monde Marvel tel qu'on le connaît aujourd'hui : les Quatre Fantastiques. Lors d'un vol spatial expérimental, quatre astronautes sont accidentellement exposés à des radiations cosmiques qui vont leur conférer des pouvoirs exceptionnels. 

Il y a :

  • le chef Reed Richard, un génie (qui ne doit pas l'être autant que cela pour être parti dans l'espace avec une équipe non qualifiée) à qui les radiations vont donner la possibilité d'étirer son corps tel un élastique et qui va choisir un pseudo habituellement utilisé par des beaufs sur Tinder, Mister Fantastic
  • Son meilleur ami, Benjamin Grimm, sera moins chanceux et va se voir transformé en une sorte de monstre de pierre aux yeux bleus qui sera rebaptisé "La Chose" - surnom qui ne doit sûrement pas aider la confiance en soi. 
  • Johnny Storm, son beau frère, un beau gosse blond, chaud comme une baraque à frites. Lui aura le pouvoir de se transformer en torche humaine, comme Jeanne d'Arc, mais pas qu'une fois. 
  • Et enfin : Sue Storm, celle que Reed finira par épouser va hériter du pouvoir de devenir invisible. (Oui, dans la première équipe de super héros du monde Marvel, la seule femme du groupe avait pour pouvoir de ne pas être vue). 

Alors, bien sûr, il faut se remettre dans le contexte des années 1960. Les Quatre Fantastiques, aussi novatrice qu'ait pu être cette série, demeure un miroir de son époque. Bien sûr, de scénariste en scénariste, le rôle de Sue Storm, conformément aux évolutions de la société, a changé jusqu'à faire d'elle l'un des membres les plus puissants des Quatre Fantastiques. Mais tout de même, son évolution illustre parfaitement la place réservée à la moitié de l'humanité dans les comics. 

Les superhéroïnes ont longtemps été sous ou mal représentées dans les comic books et jusqu'à il n'y a pas très longtemps, l'idée même de super héroïne sur grand écran était, pour quelques décideurs réactionnaires, synonyme d'échec au box office. 

Pourtant, en 2017, tout comme en 1941, un personnage a su faire taire les préjugés des rageux. Un personnage aussi connu que Batman ou Superman : l'incroyable amazone de Thémyscira, Wonder Woman. 

En 1941, lorsque le psychologue William Moulton Marston, l'inventeur présumé du détecteur de mensonge, crée Wonder Woman dans le numéro 8 du All Star Comics, il a l'ambition de créer un personnage féministe susceptible d'inspirer aux jeunes filles la confiance en elles et la réussite dans le sport ou les activités traditionnellement occupées par les hommes. Ainsi naît Diana Prince, l'amazone fille de la reine Hippolyta, aussi iconique que paradoxale. 

Une féministe imaginée et dessinée par des hommes. Guerrière, mais ambassadrice de la paix. Déesse mythologique de contes et légendes plongée depuis 80 ans dans une société occidentale censée être contemporaine. 

Les invités

Aller plus loin

Marvel, la fabrique des super-héros

L'équipe : 

  • Réalisatrice : Céline Illa
  • Attachée de production : Jeanne Paravert