On explore le mythe 007, de sa création à tout ce qui le caractérise : ses acteurs, les célèbres James Bond Girls, les gadgets, le générique… Et on essaie de voir aussi si, dans une ère post #meToo, James Bond peut continuer ses aventures sans trahir l'essence de ce qu'il était censé être sous la plume de Ian Fleming.

Daniel Craig et Jui Dench dans "Skyfall" sorti en 2012
Daniel Craig et Jui Dench dans "Skyfall" sorti en 2012 © AFP / United Artists - Columbia Pictur / Collection ChristopheL via AFP

James Bond est l'un des personnages de fiction les plus connus au monde ! Partout sur la planète, le grand public sait, dès fois même sans avoir vu aucun de ces films, qui est 007 !

Même si il est apparu pour la première fois sur le petit écran en 1954, c’est depuis 1962 avec James Bond contre docteur No que ces films sortent sur grand écran avec une régularité qui en font également des marqueurs de leurs époques. James Bond change d’interprètes mais change aussi tout court, réussissant le périlleux exercice de rester fidèle à son auteur, Ian Flemming, tout en se réinventant sans cesse, dans un monde qui bouge.

À l'antenne

Pour revenir sur ce monument de la pop culture, nous avons avec nous :

Vesper, vidéaste pop culture et on peut vous retrouver sur la chaîne Youtube "les chroniques de Vesper"

Robert Hospyan, scénariste et critique, vous travaillez actuellement dans la compagnie de jeux vidéos Quantic Dream et pour la revue Rockyrama.

Enlil Albanna, réalisateur, Co-createur de Skript, un média web centré sur la culture de l’image, producteur d'évènements cinéma et pop culture et hosteur d’avant-premières et de conférences, notamment au Comic Con Paris.

Vincent Chenille, chercheur au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines,  et co-auteur de "James Bond figure mythique" (aux éditions Autrement) avec Fabien Boully, Françoise Hache-Bissette. Il travaille également au département audiovisuel de la BNF. 

Extrait de l'émission ci-dessous

Qui est Ian Fleming ? 

Vincent Chenille : "Il a été agent de change, journaliste puis directeur des Affaires étrangères au Sunday Times, et, pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été l'une des chevilles ouvrières des services secrets britanniques de la marine. Et il est aussi l'auteur de James Bond.
L'idée [des romans] lui est venue pendant qu'il était dans les services secrets, mais il ne l'a exploitée que sept ans après la Libération, à un moment où il se marie, […] il voudrait gagner suffisamment suffisamment d'argent pour ne plus travailler".

"Ian Fleming a mis beaucoup de lui dans le personnage de James Bond : les costumes, l'histoire de _Casino Royale (_qui lui est arrivée pendant la Seconde Guerre mondiale)… En même temps, le grand ennemi de James Bond, Blofeld, est né le même jour que Ian Fleming. Il y avait des relations d'amour haine entre l'auteur et le personnage".

Que représente James Bond ? 

Enlil Albanna : "Aujourd'hui, James Bond est plus qu'un personnage, c'est une icône. Tout le monde connaît James Bond, que vous ayez vu un film ou non. 

[…] C'est aussi une vitrine pour de nombreuses marques

Et c'est aussi un symbole de l'évolution du cinéma. Il y a des questions qui se poseront dans les années à venir sur comment James Bond doit évoluer dans une industrie cinématographique qui doit et peut évoluer et peut évoluer dans une industrie qui a beaucoup, beaucoup changé. Mais c'est une icône, James Bond. 

Comment expliquer le succès du personnage ?

Enlil Albanna : "Je dirais qu'il y a deux choses :

  1. D'abord, il y a la panoplie de James Bond : le beau mec qui est avec les plus belles femmes au monde, qui conduit les plus beaux bolides, qui a des gadgets assez dingues, plus ou moins loufoques selon les années, qui est souvent face à des méchants tout aussi charismatiques que lui...
  2. […] Il y a aussi un point qui me semble très important, mais qu'on pourrait pointer sur d'autres franchises comme Batman ou Spiderman : James Bond a pu, durant 50 ans, bénéficier des plus grands talents : les réalisateurs, les acteurs, les scénaristes, les chefs décorateurs, les cascadeurs. Toutes ces personnes ont fait attention à la franchise "James Bond" et c'est pour cela qu'aujourd'hui, c'est toujours une franchise lucrative, connue et appréciée".

Robert Hospyan : "Au-delà de ça, c'est une saga dont le côté divertissant est toujours au rendez-vous. Elle a toujours su s'adapter, évoluer […] ou en tous cas essayer de manière plus ou moins réussie de faire avec les codes de l'époque :

  • James Bond qui faisait de la blaxploitation dans Vivre ou laisser mourir
  • James Bond post-Star Wars avec Moonraker
  • James Bond un peu à la méthode des films d'action de Joel Silver des années 1980 avec Permis de tuer
  • James Bond très jeuniste avec Meurs un autre jour, qui essayait de rivaliser avec les xXx de l'époque 
  • James Bond qui essayait de rivaliser avec Jason Bourne (ceux du début de Daniel Craig).

Ce n'est pas "Quel James Bond vous préférez ?" mais "Quel type de James Bond vous préférez ?", que ce soit celui un peu déconneur de Roger Moore, celui plus froid de Timothy Dalton, celui plus humain de Daniel Craig ou du début de Pierce Brosnan…

Sean Connery, Roger Moore, Pierce Brosnan, Timothy Dalton… Les différents James Bond

  • Sean Connery et Roger Moore

Enlil Albanna : "Sean Connery et Roger Moore, c'est deux mondes différents. D'abord, c'est celui des années 1960 et celui des années 1970. Les contextes géopolitiques et sociaux ne sont pas les mêmes. Pour un peu résumer la chose, on va dire que Sean Connery, c'est une classe, un côté un peu brut, une sorte d'"action-man", alors que Roger Moore, dans les scènes d'action, c'est pas forcément ça, mais par contre, c'est vraiment de l'humour britannique, quasiment le gendre idéal".

  • Daniel Craig et Pierce Brosnan

Vesper : Pierce Brosnan, c'est le héros des années 1990, post Guerre froide. Il va être plus en plus léger, plus charmeur que Daniel Craig, qui lui est vraiment écorché vif, très animal, très brutal". 

  • Timothy Dalton et George Lazenby

Robert Hospyan : "George Lazenby quand il a pris le rôle,  avait fait surtout un travail de mannequin. Il a séduit la production par ses scènes de combat, très réaliste. C'est un de ceux qui a le moins été doublés. D'ailleurs, Timothy Dalton, c'est le second qui était le moins doublé, ce sont les deux qui ont fait le plus de scènes d'action.

George Lazenby n'a pas fait une longue carrière cinématographique, ce qui est un petit peu dû au fait qu'il a refusé de faire un second film de James Bond.

Concernant Timothy Dalton, c'est lui qui avait été sollicité juste après Sean Connery pour reprendre le rôle. Il a refusé parce qu'il trouvait que c'était une ombre un peu trop importante (il a fini par accepter, plus tard). La caractéristique de Dalton, c'est qu'il s'est toujours référé aux textes de Ian Fleming. Donc, c'est du point de vue de la psychologie du personnage, c'est le plus proche du personnage de James Bond d'origine."

Une curiosité cinématographique : un James Bond méconnu

Si vous aimez James Bond et si vous voulez parfaire votre connaissance sur le personnage, regardez le Casino Royale de 1967, une comédie avec David Niven, Peter Sellers, David Young, Woody Allen, Ursula Andress, Jean-Paul Belmondo, Orson Welles… 

Les invités
  • Vesperyoutubeuse pop culture avec la chaîne “Les Chroniques de Vesper”
  • Vincent Chenillehistorien des représentations
  • Robert HospyanScénariste et critique, il travaille actuellement dans la compagnie de jeux vidéos Quantic Dream.
  • Enlil AlbannaRéalisateur, co-createur de Skript, un média web centré sur la culture de l’image, producteur d'événements cinéma et pop culture et hosteur d’avant-premières et de conférences, notamment au Comic Con Paris
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