Vous ne vous êtes sûrement jamais demandé quel était le rapport entre le bilan carbone d’un avion et Freddy Krueger… Nous non plus, mais Frédérick Sigrist, oui.

Robert Englund en Freddy Krueger en janvier 1986
Robert Englund en Freddy Krueger en janvier 1986 © Getty / Larry Busacca/WireImage

Retour sur la polémique entourant les propos de la nouvelle maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, qui a déclaré lors d’un conseil municipal : "L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui !" J’aimerais revenir sur ces propos parce que je m’ennuie. Oui, quand tu habites dans le département de l'Essonne ou ailleurs, et que tu te mets à ergoter sur ce qui s’est dit au conseil municipal de Poitiers, ou ce qui est servi le vendredi à la cantine de Lyon, c’est clairement que tu te fais suer. 

On sent que les cinémas et les théâtres sont fermés…

En ce moment, un gars en babouche qui mange des gnocchis à la cité U de Colmar, CNews en fait une soirée spéciale. Cela fait cinq jours que médiatiquement, on tient sur les repas clandestins de Pierre Jean Chalençon… Vous savez Sébastien Cauet qui aurait mangé Polnareff…

Et il y a deux semaines, on était sur Pépé le putois qui drague trop fort ! 

Bon ben c’est bien la preuve qu’on a trop de temps. Même les ministres roulent sur les jantes. L’école à la maison, les serveurs ENT, ce sont de vieux Minitels récupérés sur le Bon coin. On le sait, il ne faut pas trop leur en demander. Mais Jean-Michel Blanquer a tenté de nous faire croire que c’était une cyber-attaque des Russes ! 

Mais je doute que Vladimir Poutine en veuille à la scolarité de nos enfants. On est pas dans Wargames.

Dans Le Bureau des légendes, on n’a jamais vu un épisode où le KGB tente d’empêcher la diffusion d’un épisode de C’est Pas sorcier à l’école Pasteur de Melun. Mais dans un contexte d’incertitude totale où les sources de divertissements sont rares, les polémiques, c’est comme le savon, moins t’en as, plus il faut le faire mousser. 

L'un des dernières scandales du moment est cette phrase de la maire de Poitiers : "L’aérien de doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui !"

Phrase maladroite, attention. Elle en a convenu. Il faut pas croire que les écolos, dès qu’ils entendent leurs gosses dire : "Plus tard, je serais pilote d’avion !", ils les emmènent chez le Rahbi pour les faire exorciser ! Oui le rabhi, c’est l’équivalent écolo du rabbin : Pierre Rabhi…

Non, c’est juste que dans la situation d’urgence climatique dans laquelle on se trouve, le trafic aérien est une source majeure de pollution. Néanmoins, cette polémique a eu le mérite de me faire me poser une question : "Peut-on choisir ce qui fait parti des rêves des enfants ?"

Cela m’a fait penser à l'un des croquemitaines les plus connus du cinéma d’horreur des années 80 : Freddy Krueger !

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Vous vous souvenez de Freddy Krueger ? 

Un visage qui ressemble à un cannelé trop cuit… Un pull à rayures vertes et rouges… Comme si vous n’aviez jamais voulu enlever un de ces pulls de Noel que vous aimez tant ! Un chapeau sur la tête et un gant avec quatre grandes griffes…

On dirait une esthéticienne qui refuse de se couper les ongles tant que son institut n’est pas considéré comme un commerce essentiel.

Ce monstre surnaturel issu de l’imaginaire du grand réalisateur Wes Craven, qui envahissait les rêves des adolescents pour les assassiner dans leur sommeil. Pour survivre dans cette saga, il fallait tout faire pour ne pas s’endormir. Boire beaucoup de café, éviter Public Sénat, les championnats de ligue 1 et les films de Terrence Malick. 

Freddy qui était incarné par l’incroyable et filiforme Robert Englund et son talent de composition. 

Pour créer la démarche de Freddy, Robert Englund s’est inspiré de Klaus Kinsky dans le remake de Nosferatu de Werner Herzog. Robert Englund jouait Willy le gentil extraterrestre lézard dans la série V Les envahisseurs. Il est dit que Wes Craven a eu l’idée de ce personnage en lisant un fait divers concernant un insomniaque qui refusait de dormir tellement ses cauchemars l’effrayaient.

Le nom de Krueger venait d’un camarade de classe qui harcelait Wes Craven enfant

J’avais 11 ans quand j’ai vu le premier Freddy : Les griffes de la nuit ! La légende dit que c’est Claude Chabrol qui aurait baptisé la version française du film, le film s’intitulant Nightmare from Elm Street ! Et disons que j’ai pu tester l’étanchéité de mon matelas la nuit qui a suivi…

Il y a des films qui vous marquent pour toute une vie, Freddy, Candyman, Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

Et avec Freddy Krueger, on assiste à la création d’un authentique monstre de cinéma ! Freddy n’est pas une adaptation comme la créature de Frankestein ou Dracula, ça n’est pas non plus un tueur avec un masque… Freddy, c’est l’incarnation cinématographique d’une peur qui transcende l’humanité depuis le commencement des temps : que se passe-t-il lorsque l’on dort ?

On se souvient tous de la phrase de Shakespeare dans Hamlet : "être ou ne pas être". Mais on cite moins souvent la suite de la tirade d’Hamlet : "Mourir... dormir, dormir, peut-être rêver. Oui, voilà l’obstacle !"

Pour Shakespeare, comme pour Wes Craven, rêver peut être dangereux. 

Rêver, c’est avoir un semblant de conscience dans un univers qu’on ne maitrise pas ! 

D’ailleurs depuis le début de cette pandémie, on n’a jamais été aussi proche éveillé, de ce sentiment que l’on ressent habituellement, endormi. Pour Wes Craven, le sommeil n’est pas réparateur et il ne s’agit pas d’atteindre ses rêves mais de faire en sorte que tes rêves ne t’atteignent pas. Freddy, et c'est frappant, est la création de la génération d’avant : le terrible secret des parents de la ville de Springwood qui en décidant de se faire justice eux-mêmes, en exécutant Freddy Krueger, un tueur en série qui sévissait dans le quartier, lui ont donné le pouvoir de se venger dans les rêves de leurs propres enfants. 

Ce que Wes Craven dit, sans en avoir l’air : ce qui détruit les rêves des enfants, ce sont les crimes et les erreurs commises par des parents. La maire de Poitiers ne dit finalement rien d’autre, si hier des générations de parents s’étaient peut-être moins laissés aller à polluer, on n’aurait pas aujourd’hui à se demander si nos enfants auront le droit de voler. 

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