Cette semaine, sur les conseils de Laure Adler, qui est un peu ma meuf sûre en matière de cinéma, j’ai revu "Fast and Furious" ! Un film où des chauves ont décidé de compenser la perte de leurs cheveux par la perte de points sur leur permis de conduire !

"Les Goonies" Richard Donner avec Corey Feldman, Jeff Cohen, Jonathan Ke Quan, et Sean Astin.
"Les Goonies" Richard Donner avec Corey Feldman, Jeff Cohen, Jonathan Ke Quan, et Sean Astin. © AFP / ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12

Vin Diesel, il est chauve ! Dwayne Johnson, il est chauve ! Tyreese, il est chauve ! Jason Statham, il est chauve ! Ce film a fait pour les chauves ce que Black Panther a fait pour les noirs !

Et donc dans une des séquences du film, Vin Diesel, cet acteur qui a été formé à la méthode Tractor Studio, c’est comme l’Actor Studio mais pour les comédiens qui jouent comme des motoculteurs. Vin Diesel s’approche tout près de Jason Statham pour lui dire en filigrane : "Cesse d’embêter ma famille ! Déjà qu’ils ont fermé les voies sur berges, je ne suis pas d’humeur !". Je résume hein !

Et alors que cette séquence était censée être un des climax du film. La confrontation de deux points de vue inconciliables entre deux mâles alpha qui aiment se balancer des patates de forains ! La seule pensée qui m’habitait, c’était : "Qu’est-ce qu’ils sont près ! Et la distanciation, c’est fait pour les chiens !?".

Oui, c’est un truc qui a changé, je ne supporte plus de voir des films où les gens ne respectent pas les gestes barrières !

50 nuances de Grey, dès qu’ils prennent les menottes et la cravache, je suis là : "Désinfecte ! Désinfecte !". Il n’y a clairement pas eu de monde d’après mais il y a clairement les films d’avant !

Il y a des films qui sont un peu la mémoire de notre insouciance perdue ! Il y en a un particulièrement que j’ai revu il n’y a pas longtemps, c’est Les Goonies !

Les Goonies ! C’est un peu le film synthèse des années 80. 

La Madeleine de Proust ultime de cette décennie

Un film réalisé par Richard Donner à qui l’on doit Superman, La Malédiction ou l’Arme fatale. Un scénario de Steven Spielberg et  Chris Colombus.

Gremlins, Maman j’ai raté l’avion, l’adaptation des premiers Harry Potter en film. Les Goonies, c’est l’histoire toute simple d’une bande de gamins qui trouve dans un grenier une vieille carte au trésor censée conduire au trésor de Willie Le Borgne, un terrible pirate. Trésor qui leur permettrait de sauver leur petite ville d’un promoteur immobilier.

Les Goonies, comme Le club des 5 de la bibliothèque verte, c’est l’aventure à côté de chez soi. Dès lors s’ensuit une grande aventure qui va leur faire rencontrer les frères Fratelli, des criminels en cavale qui feraient passer les Dalton pour des Prix Nobel.  À l’écran, les Goonies c’est l’équivalent biactol des Avengers !

Il y a dans ce film tout ce qu’il pouvait y avoir de mieux en matière d’enfants acteurs.

Sean Astin qui incarnera adulte le rôle de Sam Wisegamegie le véritable héros du Seigneur des anneaux. Promis, un vendredi je vous expliquerais pourquoi. Josh Brolin qui a, depuis, incarné le redoutable Thanos dans Avengers. Corey Feldman que l’on a vu dans Gremlins, Stand By Me, ou en garde à vue pour consommation de stupéfiants.

Et puis Ke Huy Quan, le célèbre Demi-Lune d’Indiana Jones et le Temple Maudit, qui interprète ici Data l’inventeur des fameux "Boum j’t’attrape !"

Ce qui frappe quand on revoit les Goonies aujourd’hui, c’est la liberté dont semblait jouir ces enfants. Ces gamins faisaient ce qu’ils voulaient. Les parents n’en n’avaient rien à carrer. Ils faisaient confiance ! Le monde n’était pas encore ce nid à danger où même une poignée de porte non désinfectée peut menacer notre jeunesse. Une carte, des vélos et ça y était. L’aventure pouvait démarrer. Et quiconque a grandi dans les années 80 sait que cette liberté n’était pas une invention de Hollywood.

Moi, je me souviens certains matins, être parti avec des potes à des kilomètres de chez moi. Pas de téléphone portable, pas d’avis de recherche, juste le plaisir d’être un explorateur à hauteur de terrains vagues.

Le soir, je rentrais chez moi tout crotté, avec du gravier incrusté dans des plaies sur les genoux. Mes parents me demandaient si j’avais passé une bonne journée, je répondais : "oh oui avec les potes, on est allé jouer dans un vieil entrepôt abandonné à 15 kilomètres d’ici, tu sais à côté de l’immeuble menacé de démolition. Là-bas on a joué avec plein de pots de peinture périmés. J’en ai encore plein les yeux. Il y a Gregory qui m’a couru après avec une planche pleine de clou rouillés, et c’est un toxico tout nu sous son imper qui nous a dit que c’était dangereux. On a ri".

Hier matin, j’ai regardé mes enfants enfiler leurs masques pour 7 à 8 heures de cours minimum dans des classes de plus de 30 élèves. J’ai vérifié que mon numéro de téléphone était bien dans  leur cahier de correspondance et qu’ils n’avaient pas l’autorisation de sortir seul de leur établissement. 

Entre deux bouchées de ses céréales, mon fils m’a récité une des 223 leçons qu’il a dû apprendre en trois semaines pour pouvoir répondre aux évaluations nationales exigées par Jean-Michel Blanquer. 

Puis, je les ai vus mettre leurs cartables trop lourds sur le dos et partir dans des classes qui voient passer plus de monde sur une journée qu’un bar ou qu’un théâtre. Ce soir je sais que sur Pronote, j’aurais un résumé quasi exhaustif de ce qu’ils ont fait en cours.

Je me demande vraiment dans le futur ce que nos enfants diront de nous et de cette époque. 

Dans Les Goonies, l’aventure c’était de trouver une carte au trésor.

Aujourd’hui, l’aventure pour un enfant, c’est de voir les dents de ses camarades.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.