Retour sur le plus célèbre groupe de filles des années 1990 : les Spice Girls. On essaiera de comprendre comment un groupe pensé à la base comme un pur produit de consommation a pu devenir le porte étendard de ce que l'on appelle le "girl power". Et on s'interroge sur ce qu'il reste désormais de la "Spice Mania".

Les Spice Girls, 1997
Les Spice Girls, 1997 © AFP / Pa

Vous vous souvenez de l’année 1996 ? François Mitterrand nous quitte, Jacques Chirac annonce la fin des essais nucléaires, La Haine de Mathieu Kassovitz reçoit un César, Independance Day et Twister triomphent sur grand écran, Tom Cruise commence à faire des galipettes sous le nom d’Ethan Hunt dans Mission Impossible... Mais surtout, les Spice Girls débarquent avec leur single Wannabe, révolutionnant la musique pop des années 1990 et devenant même, n’en déplaise aux rageux, un phénomène de société !

À l'antenne

Pour revenir sur cette Spice Mania nous avons en plateau d’authentiques témoins de cette époque !

  • Joséphine Draï, comédienne, elle joue le spectacle Gênance en live depuis la plateforme livenow.fr tous les mercredis à 21 h 00 au mois de juillet et on pourra la retrouver à la rentrée dans le téléfilm Belle belle belle sur TF1 adapté du film américain I feel pretty (diffusé sur Netflix).
  • Océane Zerbini, fondatrice du podcast The lemon adaptation club.
  • Sébastien Folin, animateur à la télévision

Ci-dessous extraits de l'émission

La révolution Spice Girls

Joséphine Draï : "C'était tellement fou. C'était un raz de marée, autant visuel qu'auditif et je trouve que c'était très libératoire, pour la petite fille / jeune femme que j'étais, d'être capable de me dire "Je peux être ce que je veux". J'ai souvenir de me dire "Waouh! Je peux me permettre d'aller loin, d'être provocante si je veux" - juste, en fait, d'être libre et de ne pas me sentir oppressée par quoi que ce soit. Elles représentent à elles cinq la femme, dans toute sa splendeur"

Océane Zerbini : 

Pour la première fois, on voyait des femmes fortes et qui ne dépendaient pas des hommes. C'était révolutionnaire. 

Sébastien Folin : 

[Wannabe des Spice Girls], c'est efficace, redoutable, court (moins de trois minutes). Il y a ce qu'on appelle aujourd'hui un "hook", un crochet absolument dingue. Et ça préfigure de ce que sera la variété des 20 années suivantes - jusqu'à aujourd'hui.

Rappel : le titre fut, à sa sortie, n°1 dans 37 pays ; il y eu 7 millions de singles vendus

Frédérick Sigrist : "C'est à la fois une réussite artistique, et une réussite qui bénéficie des plateformes de l'époque : MTV était une chaîne encore très prescriptrice ; la FM aussi avait encore une domination qu'aujourd'hui, certains sites de streaming n'ont plus." 

Sébastien Folin : "Victoria a un peu a inventé un peu le duckface quand même. Imaginez les Spice Girls à l'époque des réseaux sociaux... "

Comment les Spice Girls se sont-elles connues ?

Océane Zerbini : "Un producteur anglais voulait créer un girls band, en réponse aux boys band de l'époque. Il a organisé un casting avec près de 400 candidates auditionnées. Il y a eu tout un processus très compliqué et c'est là qu'elles se sont rencontrées". 

Frédérick Sigrist : "Et il y a eu des Spice Girls inconnues qui ont quitté le groupe et qui ont quitté l'aventure avant même qu'elles ne se fassent connaître". 

Des musiciennes de l'époque

Frédérick Sigrist :"C'est fou, pour un groupe qui s'est créé de cette manière, qu'assez rapidement, elles virent leur manager parce qu'elles ne sont pas satisfaites de la manière dont ils les habillent ni des mélodies qu'il met dans leur musique. Et qu'au moment où l'on lance un album elles décident d'imposer _Wannabe e_n premier titre. Pour des gens qui sont dans une structure hyper cadrée, elles sont hyper indépendantes, sûres de leur fait. 

Sébastien Folin : "Elles ont écrit énormément de leurs chansons, les paroles, elles étaient co-compositrices (elles cosignaient toutes les chansons).

C'est l'avènement des concerts où on est en playback - forcément puisqu'elles étaient en train de danser. C'est vrai que c'est difficile de faire un salto arrière et de tenir une note pendant pendant 10 secondes.

Les Spice Girls, des femmes sandwich ?

Océane Zerbini : "Quand on se renseigne, à moment donné, elles représentaient environ 20 marques. C'est absolument énorme ! Je peux comprendre l'overdose : où est la frontière entre être une femme sandwich et être une musicienne ?"

Sébastien Folin : "Les Spice Girls ont été les têtes de pont d'une industrie. Ça n'enlève rien à leur talent d'artiste, il y a toute forme d'expression artistique et je pense que le plus important, c'est de respecter les centaines, les dizaines de millions de personnes qui ont acheté leur disque. Mais par ailleurs, ça reste un produit qui a été pensé dès le début

Ce sont des personnages de fiction : la sportive, la snob, la Baby doll... Ce sont des avatars. Donc, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite ces avatars (qui ne sont pas les artistes à proprement parler) sur des cannettes de Pepsi. Aujourd'hui, ça ne choque personne de voir maître Yoda qui nous vend des parfums. C'est rentré dans les moeurs."

"Spice World" le film des Spice Girl : sujet délicat ?

Sébastien Folin : "Je trouve que c'est une belle carte d'identité de ce qu'est le groupe parce qu'il y a beaucoup d'humour, de second degré, de dérision. Alors OK, c'est pas une grand oeuvre de cinéma, mais encore une fois, ce film est fait pour les fans. [...] c'est quelque chose de super cohérent"

Le départ de Geri Halliwell et la fin des Spice Girls

Océane Zerbini : "L'équilibre du groupe a été mis en péril. Je trouve que chacune d'elles incarnait le groupe à 20%. C'était très bien équilibré dans les clips, les tenues... Les cartes sont mal rebattues par la suite"

Frédérick Sigrist : "Il faut dire qu'aussi Geri Halliwell a tenté une carrière solo ; il y a eu notamment ce titre qui était une reprise, mais qui a très, très bien marché. Ça n'aide pas quand quelqu'un quitte un groupe et tout d'un coup, truste le top des hit parades... Si elle était partie toute seule et avait fait un bide, ça serait peut-être mieux passé." 

Frédérick Sigrist : "Là, on parle de la fin des Spice Girls, mais

ce système, cette création de groupe avec des filles comme ça, pensé pour plaire à différents publics, ça existe aujourd'hui dans un genre musical qui cartonne au niveau mondial : c'est la J-pop et la K-pop

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