D'où lui vient cette passion pour le cinéma de genre, ses influences majeures, son style, ses obsessions ? On reviendra sur certains de ses plus grands succès et sur les polémiques qu'ils ont générées ? Et on se demandera si le réalisateur, Quentin Tarantino, s'est assagi…?

Quentin Tarantino avec la Palme d'Or obtenue pour le film "Pulp Fiction" lors de la ceremonie de cloture du Festival du Film le 23 mai 1994 a Cannes, France.
Quentin Tarantino avec la Palme d'Or obtenue pour le film "Pulp Fiction" lors de la ceremonie de cloture du Festival du Film le 23 mai 1994 a Cannes, France. © Getty / Pool BENAINOUS/DUCLOS/Gamma-Rapho

Quentin Tarantino, c’est l’histoire d’un fan de cinéma de genre qui a fini par réaliser des films qui ont eu plus de reconnaissance que les œuvres qui les ont inspirés ! Imitateur éhonté pour certains, génie qui se cache derrière sa cinéphilie pour d’autres, Quentin Tarantino n’a jamais laissé personne indifférent !

Il en va de même pour la violence de ses films, gratuite pour certains, graphique et cathartique pour d’autres. Pourtant ces débats qui resurgissent à chaque nouvelle sortie de film auraient tendance à faire oublier que Quentin Tarantino est avant tout un sacré conteur d’histoire et un dialoguiste comme il en existe rarement ! 

Trop de violence dans le cinéma de Tarantino ?

"Il a été à un moment donné responsable d'un vidéo club. C'est assez classique à cette époque d'avoir une cinéphagie plutôt qu'une cinéphilie : il prend tout ce qui vient, que ce soit bon ou pas, tant que cela lui fait plaisir, ça fonctionne. Et c'est cela qui pose problème, à mon avis."

– Yannick Rolandeau

Il ajoute : "Tarantino éclate le hors-champ. Il montre tout ; c'est quand même très gore. Il le justifie comme un spectacle. Et là il y a à mon avis un problème. Il met le second degré au premier degré : dans Le Grand Sommeil d'Edward Hawks, tout est imaginé. On peut ne pas voir le vrai second degré. Là, il le met au premier degré comme une vitrine de pub. Et il se sert de ça pour, après, justifier la vengeance en disant "C'est cool, la violence". Les victimes de l'histoire peuvent se venger et c'est fun. Aucun cinéaste avant ne pouvait aller jusque là ; il y avait une retenue par rapport à la justification de la violence. Par exemple, Stanley Kubrick ne justifie jamais la violence d'Alex dans _Orange Mécanique (_d'ailleurs ce n'est pas un film sur la violence)".

Carole Milleliri est en désaccord : "Effectivement, le cinéma de Tarantino est extrêmement violent mais je trouve qu'il se pose des questions justement quand à la représentation de la violence. Que montrer ou pas ? Une femme a été violée de façon répétée alors qu'elle était dans le coma dans Kill Bill - on ne montre pas ce moment-là. Il y a un choix. On va montrer la violence de façon grand-guignolesque, ce qui crée une horreur et à la fois une distance par rapport à cette violence - une déréalisation. Déréaliser la violence, peut-être que ça peut être dangereux ; en même temps on croit à l'intelligence du spectateur.

Tarantino : du cinéma samplé ? 

"Quand on observe sa filmographie, on observe que chaque film est inspiré d'un autre film ou d'une autre ambiance. 

  • Reservoir Dogs est inspiré des Pirates du Métro de Joseph Sargent, 
  • Pulp Fiction des Trois Visages de la Peur de Mario Bava, 
  • Kill Bill de tous les films de kung-fu qu'il a vu, 
  • dans Inglorious Bastards il y a une vraie inspiration des Douze salopards

… et ça vaut pour tous ses films. Il s'est inspiré d'énormément de films mais malgré tout, il a quand même sa patte".

– Jean-Baptiste Toussaint

"C'est un cinéma vraiment hétéroclite : Tarantino est à la fois quelqu'un qui a une culture cinématographique très cinéphile avec des cinéastes canoniques et, en même temps, quelqu'un qui s'est aussi intéressé à des créations cinématographiques considérées très populaires voir honteuses : des films de séries B, de série Z, de blacksploitation... des choses qui sont complètement enterrées et presque disparues dans la mémoire !"

– Carole Milleliri

Anecdote de tournage

"Avant de faire son premier film, Reservoir Dogs, Tarantino se présentait à des castings pour être acteur, il écrivait les noms de faux films dans lesquels il avait joué - notamment un faux King Lear de Jean-Luc Godard"

– Yannick Rolandeau

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