Frédérick Sigrist revient sur l’une des plus grandes héroïnes de l’histoire du cinéma de science fiction…Avec Ripley…Et puis Trinity…Furiosa est pas mal non plus…Mais bon, on peut pas toutes les traiter en une chronique !

Ce matin, je ne vais pas vous parler de la polémique concernant le personnage de dessin animé Pépé le putois, parce que j’ai pour règles de vie de ne jamais commenter la vie sexuelle des personnages de dessin animé.

Parce que si je commence à me poser des questions sur l’agressivité sexuelle de Pépé le putois, très vite, je sais que je vais commencer à me demander pourquoi Mickey porte un slip alors que Donald, non ! Pourquoi Pluto est à poil à quatre pattes tandis que Dingo lui a le droit de parler et de s’habiller ! Dans "Cars", le dessin animé de Pixar, si la seule espèce à s’être développée, ce sont des voitures qui parlent, quand Flash Mac Queen rentre dans la remorque de Mack, le poids lourd, qu’est ce qu’il est réellement en train de se passer à l’écran ?

Voilà les vraies questions qu’on va finir par se poser si on s’attarde trop longtemps sur la libido des cartoons ! Et c’est que des questions auxquelles je n’ai pas forcément envie d’avoir des réponses…

En plus toutes ces belles âmes, tous ces indignés qui s’émeuvent désormais que l’entreprise Warner Bros ne veulent plus faire l’apologie des agressions sexuelles un putois français lubrique, elles étaient où quand Nesquick a remplacé Groquick par Quickie dans un parfait mouvement de grossophobie !? Ils étaient où ces pourfendeurs de la cancel culture quand Betty Boop a été remplacée par Jessica Rabbit, juste parce qu’elle était en noir et blanc ? On ne les entendait pas là!

Quand ils sont venus chercher Groquick, vous n’avez rien dit !

Quand ils sont venus chercher Betty Boop, vous n’avez rien dit !

Donc maintenant qu’ils viennent chercher Pépé le putois, taisez-vous !

Et finalement, derrière l’histoire de ce putois, il y a une fois de plus l’histoire de la représentation des femmes dans la culture du divertissement mondialisé, et ça m’a fait penser à un film : "Terminator", ce film de science fiction sorti en 1984 qui a lancé la carrière de son réalisateur James Cameron.

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Je vous rappelle l’histoire : dans le futur, une guerre oppose les humains aux machines qui se sont révoltées. Elles ont dû en avoir marre de nous demander de prouver qu’on n’était pas des robots ou de retrouver des feux rouges sur des photos… Skynet, une intelligence artificielle un peu comme Michel Onfray, est à la tête des machines tandis que les humains résistent vaillamment, dirigés par un certain John Connor. Et c’est là qu’on se rend compte que Skynet ne respecte rien car elle envoie un Terminator, un robot tueur dans le passé pour qu’il tue la mère de John Connor : Sarah Connor ! Et on avait dit 'Pas les mamans' ! Histoire que le robot tueur passe inaperçu en 1984, Skynet lui donne l’apparence d’Arnold Schwarzenegger (parce qu’on sait tous que personne ne passe plus inaperçu qu’Arnold Schwarzenegger…) 

Et ce qui est intéressant dans la saga Terminator, c’est la manière dont le personnage de Sarah Connor (joué par Linda Hamilton) a évolué au fil des épisodes

Dans le premier "Terminator", Sarah Connor est serveuse dans un restaurant et est complètement passive face à ce qui lui arrive. Elle ne doit sa survie qu’à Kyle Reese, un soldat lui aussi venu du futur dans le but de la protéger. Elle n’est importante pour le futur de l’humanité que dans sa capacité à mettre au monde l’homme qui deviendra lui, évidemment, le futur chef de la résistance. 

Dans le premier "Terminator", ça n’est qu’une mère que l’on protège.

Dans "Terminator 2", sorti en 1991, c’est une Sarah Connor totalement transformée que les spectateurs retrouvent ! Physiquement, on dirait une prof de crossfit énervée ! C’est devenu une combattante accomplie. Psychologiquement, elle est hantée par le traumatisme qu’elle a vécu et des images de l’apocalypse à venir.

Et lorsque qu’elle décide de prévenir le reste du monde, quelle est la réaction du monde ? On l’enferme dans un asile et on la défait de ses droits parentaux. Sarah Connor est à la science fiction ce que Cassandre est aux Troyennes d’Euripide : celle que l’on n’écoute pas ! Que l’on traite de folle ou d’hystérique. Pourtant, c’est celle qui a raison !

C’est d’ailleurs amusant de voir que Ripley, l’autre grande figure du cinéma de science fiction dans Alien, est elle aussi une femme qui a raison mais que l’on écoute pas. Ripley ne voulait pas se poser sur la planète où l’équipage du Nostromo trouve les Aliens, elle ne voulait pas laisser le membre contaminé à bord du vaisseau…

L’héroïsme de ces femmes vient de leur capacité à agir face à un système qui refuse de prendre en compte leur parole. 

Dans le dernier Terminator sorti au cinéma en 2019 ("Dark Fate"), Sarah Connor est une combattante âgée, usée par la vie, qui a échoué à sauver son fils John Connor. 

Évidemment, parce qu’il faut bien qu’il y ait un film, elle se retrouve à protéger une jeune fille menacée par un Terminator comme elle l’a été 35 ans plus tôt, Sarah Connor est convaincue que cette dernière doit elle aussi donner naissance à un nouvel homme providentiel… Mais chemin faisant, elle découvre que c’est cette jeune fille qui sera le leader de la résistance dans le futur !

À l’instar de Skynet qui n’aura eu de cesse de commettre les mêmes erreurs en espérant un résultat différent !

Il aura tout de même fallu attendre 35 ans pour que cette franchise d’anticipation comprenne qu’une femme n’est pas seulement importante par qui elle met au monde, mais aussi et surtout dans ce qu’elle  peut lui apporter !