On accuse souvent les jeux vidéos d’être violents ; d’après Frédérick Sigrist, ils le sont tout de même moins que l’industrie qui les produit

Ce matin, si je veux vous parler de jeux vidéo, c’est parce qu’en ces temps où les cinémas et les théâtres sont fermés, le jeu vidéo demeure de très loin le blockbuster des produits culturels : la preuve avec le jeu vidéo "Animal Crossing" qui est le bien culturel le plus vendu en France en 2020!

"Animal Crossing", ce jeu de Nintendo où vous cultivez votre jardin et vos clochettes pour rembourser les prêts accordés par Tom Klouck un raton laveur capitaliste ! 

"Animal Crossing", c’est ni plus ni moins qu’une simulation de la vie d’un agriculteur face à Monsanto !

Alors évidemment, j’entends déjà les Guillaume Durand et autre Bernard Pivot qui peuplent ce pays s’indigner: « Oui, de mon temps, on lisait des livres! On composait des sonnets sur le chemin de l’école et on récitait du Balzac à la récréation, entre deux alexandrins ! Nous n’étions pas abruti par des écrans! »

Alors je tiens à dire à ces voix qui s’élèvent si souvent contre les jeux vidéos que l’on peut faire les deux - jouer aux jeux vidéo ET lire des livres ! Et puis de toutes façons, la jeunesse n’a pas de leçons à recevoir d’une génération qui regardait le Collaro Show et écoutait "Il est Bo le Lavabo".

Bref en ce moment, dans l’univers du jeu vidéo, on enchaine les polémiques à une vitesse de malade, on dirait Pascal Praud sous amphétamines !

Il y a tout d’abord la pénurie de consoles nouvelle génération 

PS5 et Xbox Séries sont sorties fin 2020 mais devraient avoir des problèmes d’approvisionnement jusque fin 2021 ! Il parait que le laboratoire Sanofi est sur le coup… Ils ont dit : "Vu que les vaccins on sait pas faire, les PS5, c’est peut être plus simple !"

Ce qui est terrible maintenant, c’est qu’en ville, entre les files d’attente pour la vaccination, celles pour les tests PCR, celles pour les consoles nouvelles génération, et celles pour la banque alimentaire… Des fois, on sait plus qui est qui ! T’as des gens qui se sont retrouvés avec des PS5 dans le nez et d’autres vaccinés avec du velouté de tomates…

Autre polémique : en ce moment dans le monde du jeux vidéo, la mode est à la remasterisation 

On prend un vieux jeu, on lui met un petit coup de 'poliche', on le met en haute définition, et on le ressort. C’est quelque chose qui se fait en cinéma depuis des années avec les reboot, mais aussi en politique ! Par exemple, le rassemblement Bleu Marine, c’est la remasterisation du Front National : on l’a mis en HD, on a rajeuni le héros et on en a fait une femme, car ce qui a l’air de causer soucis pour James Bond n’a pas l’air de poser problème aux membres du Front National.

Et donc en mai va sortir la remasterisation d’une trilogie culte du jeu vidéo : "Mass Effect".   C’est un jeu de rôle de science-fiction avec une mythologie à la Star Trek. Lors de la sortie de "Mass Effect 2" en 2010, l’un des personnages était Miranda Lawson incarnée par l’actrice australienne Yvonne Strahovski (que vous avez peut être pu voir dans "La Servante écarlate") Un personnage hypra sexué, à un point où le temps d’apparence des fesses du personnage à l’écran était à peu près équivalent à celui de son visage

Onze ans plus tard, pour la ressortie du jeu, les éditeurs, conscients que certains plans pouvaient laisser penser que les concepteurs étaient des gros beaufs un peu frustrés de la braguette ont décidé de changer les angles de caméra. L’histoire n’a pas changé mais ce changement de point de vue a constitué  pour certains joueurs une nouvelle victoire du politiquement correct et un révisionnisme artistique dangereux  : non seulement, on ne peut plus rien dire mais en plus, on ne peut plus rien montrer !

Ce qui a valu des argumentations fabuleuses sur le net où on a appris qu’un joli derrière était constitutif du développement psychologique d’un personnage ! 

Il y a des joueurs, on s’en rend pas compte, mais ils regardent un twerk, ils ont l’impression de regarder "Portrait de la jeune fille en feu !" 

À l’instar des statues et des noms de rue, faut-il recontextualiser les jeux vidéo ?

"Attention, ce jeu contient des scènes sexistes réalisés à une époque où les concepteurs étaient restés entre hommes un chouïa trop longtemps, veuillez pardonner cet égarement mysogine dû à un cerveau mal irrigué et un autre organe qui lui l’était trop !"

Il y a l’incroyable accident industriel intitulé Cyberpunk 2077 dont Olivier Bénis a déjà parlé à cette antenne. Jeu réalisé par le studio CD Projekt qui avait déjà commis l’incroyable saga "The Witcher"

"Cyberpunk 2077", ça devait être la chapelle Sixtine des mondes ouverts et futuristes : 

  • Keanu Reeves en guest star ! 
  • Des bandes annonces qui vendaient du rêve ! 

Cyberpunk 2077, c’était Barack Obama interviewé par augustin Trapenard… mais en jeux vidéo ! 

Nous les joueurs, avec ce jeu on attendait le vaccin Pfizer efficace à 98% et au final, on a eu quoi ? Du Doliprane et de l’eau qui pique ! Un jeu tout buggé ! Tellement pas fini, on aurait dit "Game of Thrones" ! 

Un jeu qui comme Patrick Balkany en prison, est vraisemblablement sorti trop vite et qui n’avait pas été pensé pour les consoles anciennes générations !

En un Raymond Domenech et demi (c’est une unité de temps de catastrophe très courte), les joueurs ont revendu leurs jeux ou annulé leurs précommandes, des plaintes ont été déposées pour publicité mensongères. 

L’entreprise a même été piratée par des hackers et une demande de rançon a été éxigée sous peine de révéler les secrets de conception du jeu.

Si on était aussi sévères avec les gouvernements qui mentent que les joueurs le sont avec les éditeurs de jeux vidéo mais on aurait une classe politique… On se verrait dedans !

Entre ça et les gamers de chez Gamestop qui ont fait plier Wall Street et les fonds de pension, en ce moment , c’est moins risqué de s’embrouiller avec Booba et son crew qu’avec Kevin et sa Switch !