Retour sur l'histoire de ce réalisateur touche-à-tout qui s'est si souvent fait démolir par la critique, pour ensuite, dans un deuxième temps, voir ses films devenir cultes. Son style, ses obsessions, son amour d'une certaine forme d'anarchie et de contestation politique, ses influences... et ceux qu'il a influencés !

Le rélisateur américain John Carpenter sur le tournage de son film "Christine" en 1983.
Le rélisateur américain John Carpenter sur le tournage de son film "Christine" en 1983. © AFP / Archives du 7eme Art / Photo12

Depuis le début de cette saison de Blockbuster, un nom de réalisateur est tout le temps revenu dans les échanges : John Carpenter ! Réalisateur de génie hyper précoce, homme-orchestre hors pair qui réalise, effectue le montage et va même jusqu’à composer la propre musique de ses films ! John Carpenter est en effet directement ou indirectement responsable d’un pan entier de la culture geek et populaire

Sans Snake Plissken de New York 1997, pas de jeu video Metal Gear Solid, son premier film Darkstar a permis à Dan O’Bannon, son co-scénariste, de se retrouver sur le Dune de Jodorowsky et donc sur le premier Alien. Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin a participé à la création du dieu du tonnerre Raiden dans le jeu Mortal Kombat. Bref, depuis bientôt deux mois, dans Blockbuster on gravite autour d’une étoile nommée John Carpenter !

D'où vient John Carpenter ?

Dès tout petit, John Howard Carpenter adorait écrire des histoires, des poèmes et jouait de plusieurs instruments de musique. Ses parents ont déménagé et il s'est retrouvé dans une nouvelle ville où il se sentait à l'écart : une petite ville très puritaine, voire même raciste... Et il s'est réfugié dans son art, la musique (il a fait partie de groupes de rock et de folk) et le cinéma, pour détourner certains codes et créer son genre. Dès 8 ans il faisait déjà des petits films, grâce à la caméra que son père lui avait offerte. Plus tard il a fait des études de cinéma dans une université très prestigieuse de Los Angeles où il a eu un parcours brillant. Dans le cadre de ses études il a réalisé un court-métrage et a même gagné l'Oscar du court-métrage dès son premier essai !

Le style John Carpenter

Dès son premier long métrage Assaut en 1976, puis Halloween en 1978, John Carpenter invente le “slasher” moderne : une présence maléfique qui va être là, sans que l'on sache d'où elle vient et qui va être inexorable dans son exécution.

– Dedo

John Carpenter parle du Mal avant tout, qui prend forme à travers une apparence déguisée : dans Halloween, Michael Myers avec un masque ; dans Fog, le brouillard ; dans The Thing, tout (des humains, des animaux) ; dans Christine, une voiture... Et on ne connait jamais les raisons du Mal, on ne connait jamais les motivations de ces monstres monstres... et c'est cela qui est glaçant, c'est ici que naît la peur : quand on ne connait pas l'origine de ce qui a fait d'une personne abominable ce qu'elle est. Carpenter traite de paranoïa, de terreur sourde... et c'est cela qui rend ses films totalement prenants et paralysants.

[ + ] pour aller plus loin :

Les invités
  • Kalindi Ramphulcheffe de rubrique cinéma et séries pour le webzine "Madmoizelle"
  • Mélanie Boissonneaudocteure en cinéma, enseignante-chercheuse et spécialisée dans le cinéma d'horreur
  • Aurélien Chapuisjournaliste spécialisé en rap et en pop culture
  • Dedoauteur, comédien, humoriste et co-créateur de l'émission "L'Histoire racontée par des Chaussettes" sur youtube
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