Emmanuel Macron a dit qu’il n’était pas facile d’avoir 20 ans en 2021… Frédérick Sigrist est d’accord, même si on ne lui a pas demandé !

Ce matin je veux vous parler de la jeunesse car disons-le, j’ai une certaine expérience du sujet… Comme je l’ai déjà souvent dit à cette antenne, ma compagne et moi sommes fournisseur de jeunes depuis 2009. Nous disposons de deux spécimens que nous regardons évoluer dans leur habitat naturel !

Toujours est-il que depuis sept mois, quand je vois ce que cette pandémie impose à la génération 7-25 ans, j’en viens à me demander : "C’est quoi le projet ?"

On a envie de créer toute une génération de punks à chiens qui se saoulent au gel hydroalcoolique et sniffent des pneus de voiture ?

Parce que franchement là c’est bien parti… Mon fils, à 11 ans, trouve désormais le chanteur Damien Saez trop joyeux ! L’autre fois, il avait les ongles sales, je lui ai demandé "Où il avait mis ses mains", il m’a répondu : "Je les ai plongées dans la noirceur du monde !" Avec ma femme, on a l’impression d’élever Michel Houellebecq !

Ma petite fille pareil : l’autre fois, je la récupère à la sortie de l’école, je voyais que ses yeux, elle porte tout le temps son masque... Et elle avait le regard de Greta Thunberg qu’on aurait fait monter dans un SUV ! Je lui demande ce qui ne va pas, elle me répond : 

- C’est le masque, ça me gêne pour respirer

- Quand t’es en classe?

- Non, quand je suis sous la table !

- Mais qu’est-ce que tu faisais sous la table ?

- Avec la maîtresse, on fait des exercices où on dit qu’il y’a des méchants qui rentrent dans l’école et nous on doit se cacher sous les tables et pas faire de bruit... Le problème, c’est qu’avec le masque, au bout d’un moment, bah il fait chaud !

Alors là je peux vous garantir qu’à 43 ans, le combo lunette + masque = buée et larmes... Même en journée, ça devient hyper casse gueule de marcher dans la rue !

Je vous passe ce moment où mon fils m’a demandé qui avait décapité Valéry Giscard d’Estain. Quand je lui ai demandé d’où il sortait un truc pareil, il m’a répondu : "Vu qu’à l’école, ils nous ont encore fait faire une minute de silence, je croyais que c’était Daesch !" Et franchement, il m’a dit ça d’un air blazé… Roselyne Bachelot à qui on demande quand les théâtres vont rouvrir ! Le gamin ne croit plus en rien ! J’ose plus lui proposer de faire une soirée pyjama, quand je vais lui demander quel film il veut voir, il va me dire "Orange Mécanique, j’ai besoin de rire !"

Avec ma femme, on a même pris la décision de désormais couper la radio quand ça parle soit de Covid, soit de décès, soit d’inceste... Résultat : mes gosses pensent qu’il n’y a plus que Stéphanie Fromentin qui bosse à France Inter !

J’ai vu des tas de vidéos d’étudiants totalement déprimés 

Il y’a des gamins, ils sont en pleurs parce qu’ils peuvent plus aller à la fac, ou parce qu’ils ont perdu leur taf chez Burger King ! En 2021, on a réussi l’exploit de déprimer un équipier Burger King. Quand tu regrettes l’odeur de friture sur tes fringues et le manager qui te crie dessus, tu te situes où sur l’échelle du seum !?

Et tout cela m’a fait penser à un livre et également à un film : "Hunger Games", la saga littéraire de Suzanne Collins adaptée en film avec Jennifer Lawrence dans le rôle de l’héroïne Katniss Everdeen

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Hunger Games est une dystopie  se déroulant après une catastrophe écologique, dans des Etats-Unis (rebaptisés Panem), dans lequel le Capitole, un régime totalitaire riche à la technologie avancée, règne sur 12 districts ravagés par la misère et la pauvreté. Chaque année, le Capitole organise des "Hunger games", les "jeux de la faim", où chaque district doit envoyer un garçon et une fille, âgés de 12 à 18 ans, combattre dans des arènes les représentants des autres districts. Les jeux sont filmés pour le plaisir des habitants du Capitole, tandis que les districts regardent impuissants sa jeunesse s’entretuer.

Alors attention, je ne suis pas en train de faire un parallèle littéral avec ce que l’on vit en ce moment. Si les humoristes de France Inter avait pour habitude de grossir le trait et de tomber dans la caricature, ça se saurait ! Je ne suis pas en train de dire que l’on est en train de sacrifier toute une génération de jeunes consciemment !

Simplement, ce qui me semble intéressant dans la saga Hunger Games, c’est de voir les mécaniques d’un système près à utiliser sa jeunesse pour continuer d’exister dans ses imperfections. La jeunesse est la soupape de sécurité d’un système inégalitaire. Les jeunes ont beau se sacrifier chaque année dans les Hunger games, la pauvreté des districts perdure et le Capitole continue d’être riche. Au final, seule une révolution mettra fin à cela.

Et à la lecture de ce livre, on peut effectivement se poser la question : à partir de quand un sacrifice vaut-il le coup ? 

Pour sauver des vies, faut-il en perdre le goût ? Moi je n’ai pas la réponse. On pourrait peut-être demander à nos enfants mais je suis pas sûr qu’on aimerait ce qu’ils auraient à nous dire !