Retour sur la genèse de cette série, les clés de son succès, la galerie de personnages… Comment son créateur Marc Cherry a réussi à créer un “soap opera” branché et corrosif ? Et à fédérer jeunes et moins jeunes, hommes et femmes ?… Mais aussi “Desperate Housewives” est-elle une série féministe ou conservatrice ?

Gabrielle Solis (Eva Longoria), Lynette Scavo (Felicity Huffman), Susan Mayer (Teri Hatcher) et Bree Van De Kamp (Marcia Cross), sur le tournage de "Desperate Housewives" (2004-2012).
Gabrielle Solis (Eva Longoria), Lynette Scavo (Felicity Huffman), Susan Mayer (Teri Hatcher) et Bree Van De Kamp (Marcia Cross), sur le tournage de "Desperate Housewives" (2004-2012). © AFP / Archives du 7eme Art / Photo12

En 2005 les spectateurs français découvrent la série Desperate Housewives créé par Marc Cherry sur Canal+. L’histoire présente quatre femmes : Susan Mayer, Lynette Scavo , Bree Van De Kamp et Gabrielle Solis . Toutes vivent à Wisteria Lane , une banlieue chic et fictive des États-Unis, où les pelouses sont entretenues et les haies taillées impeccablement ! Une de leurs amies Mary Alice Young se donne la mort dès le premier épisode pour des raisons qui nous échappent et devient une narratrice omnisciente qui va nous faire découvrir que ces façades proprettes des pavillons de banlieue cachent souvent des mystères et des secrets peu glorieux ! Une relecture du « soap opera » trempée dans l’humour noir et la satire !

“Desperate Housewives” c'est quoi ?

Desperate Housewives est une série qui va montrer ce qui se cache derrière les sourires des femmes au foyer modèles des banlieues chic américaines. C'est une série qui a beaucoup parlé aux femmes car les héroïnes ont chacune une personnalité bien différentes, elles représentent toutes des archétypes très forts et chaque téléspectatrice peut s'y identifier.

A l'époque, Marc Cherry, le créateur de Desperate Housewives, était plutôt has been sur le marché d'Hollywood. Il avait produit Les Craquantes (ou The Golden Girls en VO), une série qui avait cartonné avec des quinquagénaires piquantes. Et il se retrouve chez sa mère, en train de regarder un reportage à la télévision sur le procès d'une femme qui a noyé ses cinq enfants. Il se tourne vers sa mère et lui dit : c'est impossible qu'une femme puisse faire cela. Ce à quoi sa mère lui répond : si, je comprends parfaitement qu'on puisse péter les plombs comme cela. Et c'est de là que l'idée de Desperate Housewives est née !

Un succès planétaire !

Marc Cherry fait le tour des studios et tout le monde refusait son projet, jusqu'à ce que la chaîne ABC l'accepte et l'ajoute à ses programmes de fin d'années, comme une sorte de test... Et finalement cette série va devenir une série de 8 saisons et de 180 épisodes.

Le succès de la série a été propulsé par Laura Bush, la femme du président George W. Bush à l'époque, qui avait affirmé adorer la série et être elle-même une “desperate housewives”.

C'est une série qui joue sur la bienséance et la convenance, et qui dit en même temps que nous partageons tous des secrets inavouables.

– Miriem Méghaïzerou

Il y a un ton, un rythme, des secrets partout, des non-dits... et l'une des grandes forces de Marc Cherry c'est l'humour ! La série est très caustique et corrosive sur la société américaine.

Dès le premier épisode, un personnage se suicide, un protagoniste qui devait faire partie des personnages principaux... on n'avait jamais vu ça.

Par sa voix off, Mary Alice rend les pensées des héroïnes visibles... on voit des sourires mais Mary Alice nous dit que derrière, les pensées sont toutes contraires...

– Françoise Cadol

Il y a un aspect presque surréaliste et fantastique dans la série, une dimension conte moderne... C'est « Il était une fois... » mais c'est la catastrophe !

C'est beaucoup plus une série sur le féminin et sur ses différentes facettes, que sur le féminisme.

– Miriem Méghaïzerou

Il y a une fascination de Marc Cherry (liée au fait divers cité plus haut), sur les facettes noires et caustiques des femmes, auxquelles il avait toujours associé une forme de douceur.

Les références de la série

Marc Cherry assume lui-même être une sorte de voleur :

Wisteria Lane vient de la banlieue d'Edward aux mains d'argent, d'ailleurs il a pris Danny Elfman (le compositeur du film) pour la bande son de la série, et s'est également inspiré des scénarios d'American Beauty, de Six Feet Under, et des caractères des personnages de Sex And The City.

– Anne Demoulin

[ + ] pour aller plus loin

Les invités
  • Françoise Cadolcomédienne, voix française de Mary Alice Young dans la série "Desperate Housewives"
  • Anne Demoulinjournaliste séries pour "20 Minutes"
  • Miriem Méghaïzerouprofesseur de français et critique cinéma pour le webzine Culturopoing
  • Ali Rebeihiproducteur de l'émission "Grand Bien Vous Fasse !" sur France Inter
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