Frédérick Sigrist est angoissé parce qu’il a vu la carte de France d’Olivier Véran, le ministre de la santé. Il a cru qu’on était devenu un pays communiste tellement il y avait du rouge partout ! D’ailleurs, la dernière fois qu’il en a vu autant c’était sur son compte bancaire ou une rédaction de son fils sous word.

Image du film "Superman" de Richard Donner avec Christopher Reeve, Marlon Brando, et Gene Hackman (1978).
Image du film "Superman" de Richard Donner avec Christopher Reeve, Marlon Brando, et Gene Hackman (1978). © Warner Bros. France

On est officiellement dans la deuxième vague. Je n’en peux plus d’attendre les vagues, j’ai l’impression d’être un surfeur, Patrick Swayze dans Point Break ! Alors j’ai bien compris les nouvelles mesures, pas à plus de 10 dehors mais pas plus de 1000 dedans. 

Et puis on ferme les bars à partir de 22h parce que le Covid en a marre de rentrer chez lui bourré.

Alors loin de moi l’idée de critiquer la gestion de cette crise je peux être tenu en échec par un sachet d’emmental ouverture facile donc qui serais-je pour critiquer ? Mais disons que si le gouvernement est la ceinture qui nous évite de nous retrouver en slip face au virus, il me semble judicieux d’acheter des bretelles.

C’est une époque où on manque un peu d’espoir, c’est une époque où on manque de héros. Pourtant je sens que les gens en cherchent. Pour certains, c’est Christiane Taubira, pour d’autres, c’est Didier Raoult, mais pour moi, c’est lui : Superman ! 

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Le thème du film Superman de 1978 par Richard Donner avec Christopher Reeves qui reste pour moi un chef d’œuvre.

Je pense qu’on ne dit pas assez à quel point ce film a été une claque non seulement dans l’histoire des super héros mais dans l’histoire du cinéma tout court.

Parce que si on a tendance à faire croire que la mode des films de super héros est apparue avec Marvel Studio et Disney, il ne faut pas oublier qu’avant Avengers, Spiderman ou même les Batman de Tim Burton, la vraie première réussite du genre, c’est Superman.

Tout y est : la musique de John Williams, Margot Kidder en Loïs Lane, Gene Hackman en Lex Luthor, Terence Stamp en Général Zod, Marlon Brando en Jor El et puis surtout Christopher Reeves. Quel acteur ! 

Parce que jouer Winston Churchill, De Gaulle, ok faut du level mais il y a des références. Pour Superman par contre.

Méthode Actor studio, pour interpréter ce personnage, j’ai passé 6 mois dans la peau d’un mec bien. C’était extrêmement difficile parce que j’en connais pas. 

Je ne sais pas si vous imaginez le degré de charisme et de conviction pour rester digne dans le costume de Superman.

Moi, j’ai été déguisé en poulet au club Med de Da Balaia au Portugal et figurant à poil dans une pièce d’Olivier Py, bon bah je vais vous dire il y a un moment, j’avoue, tu doutes. Oui tu doutes.

T’as étudié Tchekov, Koltès et tu te retrouves en costume de poulet poursuivi par le GO tir à l’arc déguisé en boucher devant des touristes allemands en train de bronzer. En tant qu’acteur, tu t’interroges sur la pertinence de tes choix.

Superman, c’est pareil. En 78, Christopher Reeves, il se retrouve dans un costume. Franchement, ce costume, c’est l’équivalent vestimentaire d’une coloscopie. Tout ce qui se passe à l’intérieur se voit à l’extérieur. T’as pris un kebab, direct le réalisateur peut te dire quelle sauce t’as pris. T’es un peu trop content de revoir Loïs Lane, pas besoin de rayons X pour que ça se sache.

Et pourtant, cet acteur aujourd’hui disparu, qui avait tragiquement perdu l’usage de ses jambes suite à un accident de cheval, a réussi pour toute une génération, à nous faire croire qu’un homme pouvait voler. Franchement, Christopher Reeves méritait l’Oscar. 

Si je vous en parle ce matin, c’est qu’à Hollywood aujourd’hui, t’as des producteurs qui disent que Superman n’est plus d’actualité alors que pourtant, s’il y a bien un héros qui parle à notre époque, c’est Superman.

D’abord, Superman est le rescapé d’une planète disparue nommée Krypton. Une planète qui a explosé parce que les kryptoniens n’ont pas écouté les avertissements de Jor El, le père de Superman, quand il leur a annoncé qu’elle était menacée. En gros, Greta Thunberg, c’est Jor El avec des couettes. Jor El était un collapsologue. 

Je suis sûr qu’avant que Krypton leur explose à la gueule, ils devaient être en train de parler de la 7G ou de ces bobos de Kandor qui prônent le retour de la lampe à huile et le modèle Amish.

Ensuite Superman n’est pas un personnage naïf sous prétexte qu’il est gentil.  C’est un personnage qui choisit de voir ce qu’il y a de mieux en nous. Non seulement Superman voit à travers les murs mais il a aussi une super audition. Je ne sais pas si vous imaginez ce que c’est au jour le jour.

Rien que quand je lis les commentaires internet sous une de mes vidéos, je suis en PLS pendant 15 jours, imaginez le quotidien de Superman : 

Clark au Daily Planet, le journal où il bosse, il entend tout ce que ses collègues peuvent dire de lui, les violences conjugales, les infidélités, les mensonges, il a accès à ça, partout, tout le temps. Superman a en permanence devant lui, sans filtre, le spectacle de ce qu’il y a de pire chez l’homme. Superman, c’est un modérateur d’une page You Tube avec des super pouvoirs. Et malgré ça, il reste souriant, parce que c’est ça au fond le vrai super pouvoir de Superman, son optimisme.

Vouloir réaliser un film de Superman sans optimisme, c’est comme vouloir réaliser un Fast and Furious sans voitures, c’est hors sujet total. Et ce regard distancié sur l’humanité, il le tient de son statut d’immigré car enfin, Superman est un migrant. 

Et c’est grâce à l’éducation  bienveillante d’un couple d’agriculteurs du Midwest américain, Jonathan et Martha Kent, qu’il découvre la beauté de sa terre d’accueil.

L’optimisme de Superman et sa foi en l’homme lui viennent de son enfance à Smallville, de son intégration dans cette ruralité idéalisée à la Norman Rockwellans, sans ses amis d’enfance, Pete Ross ou Lana Lang, Clark ne serait jamais devenu Superman. 

Il n’aurait jamais eu envie de rendre aux terriens ce qu’il avait reçu d’eux. On l’aurait accueilli à coup de centre de rétention ou de discrimination, à l’apparition de ses pouvoirs, le monde aurait eu un gros souci.

Et puis pour moi, en tant que papa, la genèse de Superman, ça me parle. Des parents qui sauvent leur fils en l’envoyant sur une autre planète, c’est la plus belle illustration de la parentalité jamais écrite parce que c’est ça pour moi être parent.

Tu envoies tes enfants vers un monde que tu ne connais pas toi-même et que tu ne verras jamais, en ayant au cœur l’espoir qu’ils seront heureux. 

Cultiver l’espoir, si ça c’est pas d’actualité!

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