En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, la romancière Nina Bouraoui, reçue par Augustin Trapenard en début d'année pour son nouveau roman "Otages".

Nina Bouraoui
Nina Bouraoui © Getty / Eric Fougere/VIP Images/Corbis

Depuis toujours, elle explore la domination sous toutes ses formes. Chacun de ses passages dans Boomerang a été l'occasion d'une entretien riche en émotions. Dans "Otages", son dernier livre, elle donnait la parole à une femme prisonnière de la violence, de son passé et du silence. Nina Bouraoui était dans Boomerang

Le mot d'Augustin 

Je me souviens surtout du texte qu’elle              
avait écrit et lu pour l’occasion, à la toute fin de l’émission. Un texte où elle disait « je veux », comme un devoir d’exigence. « Je veux sentir palpiter ». « Je veux la chair et la sueur, le souffle et la salive ». « Je veux croire au chant des oiseaux et au pardon de la nature que nous avons toujours dévorée. » Elle avait fini en disant qu’il fallait qu’on s’aime, tout simplement, soulignant la naïveté de ses mots. Et c’est peut-être ce qui dans son écriture est le plus beau. Cette apparente candeur qui porte, sans crier gare, une vision du monde et un projet littéraire : celui de rattraper, de réparer, de consoler. Ce qui me frappait, je me souviens, c’est qu’elle soit parvenue à atteindre cette douceur, au fil d’une œuvre pour le moins torturée. Ce qui me frappait, c’est qu’elle soit parvenue à inviter dans son œuvre comme dans sa vie le beau et le sacré. Elle était la preuve vivante que la littérature avait ce pouvoir. À un moment, dans l’entretien, elle avait dit qu’écrire était la seule chose qu’elle savait faire. Elle le fait si bien.

Programmation musicale

Daryl Hall / John Oates – Every time you go away

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