Il est l’un de nos plus grands auteurs et fait souffler sur cette rentrée littéraire sa langue tourmentée, incantatoire et incandescente dans "Idiotie", un récit d'apprentissage entre fugues, rébellions et littérature. De la poésie, de la musique et de la transgression, avec Pierre Guyotat, invité d'Augustin Trapenard.

Pierre Guyotat
Pierre Guyotat © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Dans son dernier livre, Idiotie, Pierre Guyotat revient sur les débuts de sa vie d'artiste, entre Paris, l'Algérie et son village natal. Il nous parle de fugue, de bohème, de rébellion mais surtout d'écriture, et révèle son ambition précoce de renouveler la langue française.

Poésie, insoumission, spiritualité et passion  

Dans ma famille, Dieu était le maître du droit d'exister. On ne nous a appris nulle part que chacun avait des droits : le droit de dire non, d'avoir des goûts. Aujourd'hui encore, je considère que je n'ai que des devoirs.

L'obscénité se transmets par les mots chez moi. Je n'ai pas l'impression de transgresser. C'est naturel chez moi. C'est la réception qui me dit que je suis transgressif.

À la prime adolescence, j'évoluais dans un monde où l'on ne parlait pas du désir. Sans doute le désir d'écrire est-il venu de ce désir vague que j'éprouvais pour les femmes.

L'art est à la fois une pratique grandiose et idiote. Il est une pratique digne mais aussi répétitive et enfantine. Au fond, l'art fait durer l'humanité.

Quand on commence à écrire tôt, je pense qu'on a tout de suite envie de changer la langue. Je ne connaissais pas les surréalistes et les dadaïstes, mais j'ai fait une révolution tout seul avec des poèmes colorés.

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Pierre Guyotat a choisi un extrait du film Monsieur Verdoux de Charlie Chaplin

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