Réalisateur et producteur, depuis le succès de "Haute Tension", il est considéré comme un maître de l’angoisse aussi bien en France qu'aux États-Unis. "Oxygène", son nouveau film, sort la semaine prochaine sur Netflix. Et c'est un évènement. Alexandre Aja est dans Boomerang.

Alexandre Aja en 2015 au Festival de Gerardmer
Alexandre Aja en 2015 au Festival de Gerardmer © Maxppp / Alexandre MARCHI.

Oxygène, son nouveau film sort le 12 mai sur Netflix. C’est l’histoire d’une jeune femme, interprétée par Mélanie Laurent, qui se réveille dans un caisson de cryogénisation. Elle ne sait plus qui elle est. Elle ne sait pas où elle est. Ses réserves d’oxygène sont en chute libre. Trouvera-t-elle le moyen de s’en sortir ? Alexandre Aja est dans Boomerang. 

Extraits de l'émission

"Le cinéma d'angoisse et d'horreur est un cinéma d'expérience. On le vit, on ne le regarde pas. Le premier film qui m'a marqué c'est Shining, c'était une immersion forcée dans un cauchemar absolu"

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"Le cinéma c'est du mensonge 24 fois par seconde, mais grâce au pouvoir immersif des images on peut se connecter à quelque chose d'universel pour ressentir tous ensemble."

"Les films de survie et d'angoisse me ramènent à mes premières expériences de cinéma et de littérature : j'oublie que j'existe, je transcende ma condition pour traverser le miroir et me retrouver avec les personnages."

"Maintenant je fais partie du cinéma hollywoodien. D'un côté je peux faire là-bas tous les films que je veux, et d'un autre côté il n'y a pas la culture de l'auteur. C'est un combat permanent pour garder sa vision et la défendre. Mais ça oblige à se questionner !"

"Le film de Wes Craven Les griffes de la nuit est l'un des premiers à laisser une peur indélébile qui se prolonge à la sortie de l'expérience:il nous touche profondément jusque dans nos rêves, laisse pendant longtemps une angoisse absolue de s'endormir."

"Le film Oxygène était une nécessité pour moi : j'ai travaillé dessus pendant le premier confinement. Comme dans tous mes films, j'essaie de réfléchir à comment transcender notre condition, comment aller au delà de nos limites."

Carte blanche 

Pour sa carte blanche, Alexandre Aja a choisi de parler de 2001 l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick : 

Tout de suite, sur cette musique, évidemment, je vais penser à nos ancêtres qui lancent cet os après avoir découvert que vous pouvez tuer avec et cet os qui devient cette fusée. 

C'est la plus belle transition de l'histoire du cinéma. C'est le premier choc métaphysique

C'est le monolithe qui nous inspire tous, c'est la pulsion créative et, évidemment au-delà de ça, un film d'une richesse incroyable, vers cette exploration de notre rapport qui est aujourd'hui le plus d'actualité, notre rapport à l'intelligence artificielle. C'est quelque chose qui est déjà, à l'époque, fascinant, mais qui est devenu une réalité et qui va le devenir d'une manière exponentielle très, très vite. 

Kubrick réussit à faire quelque chose d'assez difficile. Il réussit à pousser les limites de l'empathie pour l'intelligence artificielle. Cette scène absolument magnifique, à la fin du film, où David déconnecte HAL 9000, l'intelligence artificielle qui commence à ressentir la mort et les souvenirs qui s'en vont et commence à régresser de plus en plus jusqu'à revenir à une sorte de démonstration presque d'inventeur où il va chanter une petite chanson, une petite comptine pour enfant. C'est terrible parce qu'on ressent à ce moment-là une vraie vraie tristesse pour la mort de cette intelligence artificielle qui est absolument démoniaque dans le film. En tout cas, qui est extrêmement organisée sur une sorte d'objectif où il n'y a pas d'empathie de son côté. 

Il met en scène notre perception d'humanité sur cette intelligence artificielle qui n'en a pas. C'est un jalon dans l'histoire du cinéma

C'est une sorte de grand mystère dans la réalisation de ce film. Il y a très peu de films comme celui-là qui sont impossibles à expliquer. Un film où il y a des théories telles qu'on va pouvoir en parler pendant des années. Une vraie œuvre d'art. C'est rare. Et, à cette échelle, c'est encore plus rare. 

Une œuvre monstre où il y a tout : la quête existentielle et puis derrière, il y a évidemment le film de genre, le thriller, comment on survit par rapport à une intelligence artificielle qui veut nous éliminer, le film d'espace puis un film qui raconte l'humanité dans son intégralité".

Programmation musicale

DAVID BOWIE - Space Oddity 

MANSFIELD TYA – Auf wiedersehen

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