En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, la danseuse étoile Dorothée Gilbert, au micro d'Augustin Trapenard en novembre dernier.

La danseuse Dorothée Gilbert
La danseuse Dorothée Gilbert © AFP / Valerie Macon

Etoile de l’Opéra de Paris depuis treize ans, nommée suite à sa prestation dans “Casse-Noisette”, elle racontait son parcours vers le firmament dans "Etoile(s)". Corps. Travail. Passion. Et pédagogie. Dorothée Gilbert était dans Boomerang

Le mot d'Augustin

Je me souviens que m’étais trompé sur son compte. Elle me semblait élève modèle, rigoureuse, précise et scolaire jusque dans sa gestion des questions, mais je m’étais rendu compte au fil de l’entretien qu’il n’en était rien. Ce qui était troublant, c’est que pour raconter son parcours, on avait surtout parlé de blessure et de l’art de s’en relever. Je me souviens qu’à un moment, elle avait même décrit une chute avec le plus de précision possible, sur la musique de « La Bayadère » : l’entrée sur scène, la diagonale, la préparation avant le grand saut, et puis la blessure soudaine, la déchirure. C’était à la fois glaçant et passionnant parce qu’on comprenait très concrètement que derrière le geste parfait, il y avait le travail, le temps, la connaissance du corps. Et la possibilité de l’échec. Elle racontait cela avec une telle précision et un tel naturel que la danse la plus complexe devenait étrangement accessible. Au final, c’est par ses errances, ses chutes et ses pas de côté qu’elle transmettait la beauté de son art. Et tant pis pour la perfection.

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DONNA SUMMER - Last Dance

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