En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, l'écrivain et poète Christian Bobin, que recevait Augustin Trapenard, en octobre dernier, à l'occasion de la parution de son livre consacré à Pierre Soulages.

Christian Bobin
Christian Bobin © Getty / Ulf ANDERSEN/Gamma-Rapho

Son œuvre est celle d'un homme qui a fait le pari de l'émerveillement et de la simplicité. Dans Pierre, paru en Collection Blanche aux éditions Gallimard, il racontait son voyage, une nuit de Noël, depuis Le Creusot jusqu'à Sète, pour rencontrer le peintre, Pierre Soulages. Au gré de ce périple, souvenirs, sensations et fantômes refaisaient surface. Christian Bobin était dans Boomerang. 

Le mot d'Augustin 

Je me souviens de ses éclats de rire qui faisaient trembler le studio tellement ils étaient forts. Ce rire si contagieux, si communicatif, qui semblait surgir de nulle part et qui prenait tout le monde de court, jusqu’à ma réalisatrice de l’autre côté de la vitre du studio. Je me souviens que dans ce rire, il y avait de la bonté, de la générosité, mais aussi une bonne dose d’autodérision. Il s’amusait surtout de lui : d’une repartie, d’un bon mot ou de son incapacité à répondre dans le temps imparti. Ce rire était si sonore qu’il rendait plus intenses, étrangement, les moments d’émotion. Il y en avait eu à foison. Quand sa voix s’était brisée en parlant de ces tableaux qui nous regardent autant qu’on les observe. Quand elle s’était mise à trembler en évoquant la ville de son enfance qu’il n’a jamais vraiment quittée et qui a changée plus vite que lui. Quand elle avait carrément trébuché en commentant une variation de Bach interprétée par Glenn Gould. Je me souviens qu’il disait que notre mission sur terre était peut-être de devenir des anges. J’avais trouvé ça d’autant plus beau qu’on avait commencé et terminé en parlant de résistance.

Programmation musicale

Nat King Cole - Boulevard of Broken Dreams

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