En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid-19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, le musicien et chef d'orchestre Jordi Savall, reçu par Augustin Trapenard en novembre 2017.

Jordi Savall en 2016
Jordi Savall en 2016 © AFP / Yannick Coupannec / Leemage

Violoncelliste, gambiste et chef d’orchestre, il est à l’origine du projet Orpheus XXI, qui réunit des musiciens professionnels immigrés et fait jouer le répertoire de leur pays d’origine. Jordi Savall était dans Boomerang

Le mot d'Augustin

Je me souviens qu’avant d’entrer dans le studio, je lui avais demandé si c’était vrai que le son du violoncelle était le plus proche de la voix humaine. Il m’avait répondu avec un sourire, comme on répond à un enfant qui n’y connaît rien, mais en insistant sur ce mot qu’il allait répéter pendant tout l’entretien : « humain ». Chaque fois qu’on l’interrogeait sur la musique, il parlait de dialogue, d’accord et de lien. Il parlait d’humain. Je l’avais interrogé sur la possible naïveté qui émanait de son discours, mais il répondait toujours avec un sourire aussi bienveillant que désarmant, comme s’il était porté par quelque chose de plus grand. Jouer ensemble, partager une mémoire, oser la réconciliation par l’harmonie - chez lui cela relevait de la mission et du défi. En réalité, le son du violoncelle était moins proche de la voix humaine que celui de la viole de gambe - et je me souviens qu’il m’avait raconté comment il avait appris un geste disparu et réinventé une façon de jouer. C’était fascinant parce qu’on comprenait là encore qu’il avait été animé par quelque chose de plus grand.

Programmation musicale

Vida Ao Jongo, Maria Juliana Linhares

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