Prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans "La double Vie de Véronique" de Krzystof Kieslowski, elle est devenue un visage, un sourire, une voix à la fois discrète et incontournable du cinéma français. Son premier livre, "Big Bang", vient de paraître. Irène Jacob est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Irène Jacob en mai 2019 lors du Festival de Cannes
Irène Jacob en mai 2019 lors du Festival de Cannes © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

Elle est comédienne, au cinéma et au théâtre. 

Son parcours est celui d'une femme pleine d'audace.

Avec Big Bang, elle signe un premier roman, lumineux et bouleversant, sur un deuil et une naissance. 

On parle de gilets jaunes, de culture, de regard, d'espoir et de poésie avec Irène Jacob, invitée de Boomerang.

Extraits de l'émission

"La libération de la parole des femmes a mis fin à un silence permissif qui bâillonne et étouffe".

"Avec Big Bang, je voulais parler de deuil et de naissance, de moments où nous sommes traversés par la vie."

"J’ai l’espoir d’une société solidaire, moins individualiste (…) Je rêve d’un monde où l’on ne roule plus sans borne sur les autoroutes de l’enrichissement et de la privatisation."

"Être comédienne, c’est prendre en charge ce que ressent le personnage que l’on joue. C’est possiblement en ressortir avec des vertiges et des tremblements, être portée par une énergie bien plus grande que la nôtre."

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Irène Jacob a choisi de lire un extrait des Pérégrins d'Olga Tokarczuk, Prix Nobel de Littérature 2019 : 

Partout et nulle part

« Quand je suis en voyage, je disparais des cartes. Personne ne sait où je suis. Suis-je à mon point de départ ou déjà sur le lieu de ma destination ? Est-ce qu'il existe un entre-deux ? Suis-je comme ces heures du jour, escamotée lorsque l'avion va vers l'Ouest ? Ou comme la nuit qui fuit quand l'avion vole vers l'Ouest ? Est-ce que je veille à la même loi que celle dont aime se prévaloir la physique quantique, à savoir qu'une particule peut exister dans deux endroits en même temps ? Ou peut-être à une autre loi encore ignorée, donc non étayée par des preuves faisant qu'on peut doublement ne pas exister en un seul et même lieu ? Je pense qu'il y a beaucoup de personnes comme moi, des personnes disparues, absentes, qui apparaissent subitement dans les terminaux des aéroports, dans les zones d'arrivées et qui ne commencent à exister qu'une fois leur passeport du monde tamponné par les employés de la police des frontières, ou bien quand une aimable réceptionniste d'un hôtel leur a remis les clés de la chambre. Sans doute, ces gens-là se sont-ils déjà rendus compte que leur être était instable et fortement soumis aux lieux, aux heures de la journée, à la ville, à son climat et à la langue du pays, la mobilité, la variabilité, le caractère illusoire de ce qu'il entreprend ? Voilà ce qui caractérise l'homme civilisé. Je pense aussi que le monde se trouve à l'intérieur de nous-mêmes, nichés dans les circonvolutions du cerveau, il est cette petite boule coincée dans la gorge. A vrai dire, il suffirait de tout sauter et de le recracher ». 

Programmation musicale

  • Leonard Cohen : So long Marianne
  • Nekfeu et Vanessa Paradis : Dans l’Univers
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