Depuis près de 70 ans, il incarne le renouveau de la poésie de langue arabe. Né en Syrie, il a fait du Liban et de la France, ses pays de renaissance. Dans "Adoniada", son nouveau livre, en librairie la semaine prochaine, il se raconte au gré d'un long poème épique. Adonis est l'invité d'Augustin Trapenard.

Adonis  Ali Ahmed Said Esber en décembre 2019
Adonis Ali Ahmed Said Esber en décembre 2019 © AFP / Ulf Andersen / Aurimages

Poète et traducteur, souvent pressenti pour le Nobel de Littérature, il a permis à la poésie arabe de faire sa révolution ! Placés sous le signe de l'exil et de la recherche du sens, ses mots convoquent des gouffres d'obscurité mais parviennent toujours à nous élever vers la lumière. Adoniada, son nouveau livre, sort le 18 mars dans une traduction de Bénédicte Letellier. On parle de création, de renouvellement, de transgression et du monde, avec Adonis, dans Boomerang. 

Syrie un seul oreiller pour le ciel et la terre, son dernier receuil, en collaboration avec le photographe syrien Fadi, est disponible aux éditions du Canoë.

Extraits de l'entretien

"La poésie, c'est instaurer un nouveau rapport entre les mots et le monde, les mots et les choses, l'homme et le monde. Ce n'est pas changer le monde, c'est créer de nouveaux rapports au sein du monde qui est le nôtre"

"Pour moi, il y a une contradiction entre la religion et la poésie. La religion est une idéologie, elle est une réponse, alors que la poésie est toujours une question."

"Si la philosophie et les sciences humaines n'ont plus rien à dire, dans la poésie il reste quelque chose à dire"

"La force de l'arabe, c'est qu'elle est une langue de voix, et la voix est l'essence de l'être humain. Au commencement était la voix, pas le mot. C'est pour ça que le chant et la poésie sont entrelacés en arabe."

"Tout ce qui est beau fait peur, et la liberté fait peur parce que c'est une très grande responsabilité : on peut en mourir"

"La religion finit toujours par nous séparer quand elle devient politique. Elle doit rester intime. Mais aujourd'hui, la religion se transforme en pouvoir, partout. Face à l'obscurantisme, je trouve la lumière dans l'amour, l'amitié et la poésie"

"La vraie création, c'est le questionnement du monde. C'est ce que permettent les mots. La plus belle question que m'a posé un poème, c'est «qui suis-je ?

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Adonis a choisi de lire un poème dédié à Apollinaire, "Les bras de l'éphémère". 

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FAIRUZ – Al bint el chalabiya

M – Amazone érogène

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