Lundi dernier, il recevait le Prix Femina, pour "Nature humaine", son quatorzième roman. C’est le portrait d’une famille d’agriculteurs, dans le Lot, confrontée aux mutations qui vont bouleverser la société française et le monde agricole. Serge Joncour est l'invité d'Augustin Trapenard.

Serge Joncour en novembre 2020
Serge Joncour en novembre 2020 © AFP / JOEL SAGET

Après Repose-toi sur moi, L'écrivain national, ou encore Chien loup, il continue d'explorer des territoires oubliés. Dans "Nature humaine", prix Femina 2020, il interroge le divorce entre l'humain et la nature, à travers le destin d'une famille d'éleveurs dans le Lot. Serge Joncour est dans Boomerang

Extraits de l'entretien 

Serge Joncour : "Nature humaine, c’était un peu le tableau d’un divorce entre humains et nature, qui s’est beaucoup accéléré. Les arbres ne parlent pas, mais ils nous disent des choses : il faut se dépêcher, car bientôt ils ne feront plus d’ombre…

"Cette élection américaine marque le retour d’une certaine humanité, à la place de robots mécaniques, liftés, bronzés, éloignés des autres. Il y a un besoin de réconciliation, et l’humanité, c’est ça : considérer l’autre à part égale."

"L’homme est un animal, c'est ça qui est important. L’épidémie nous renvoie vers notre qualité de mammifère. On est tous rattrapés par l’idée du troupeau malade !"

"Moi, enfant, je rêvais du statut d’écrivain. J’étais fasciné par Duras, par son phrasé, par ses mots que je ne comprenais pas tout de suite. Il y avait une sorte d’autorité indiscutable : c’est comme si elle avait compris et pas nous!" 

"Le statut d’écrivain a changé... Bah oui, ça donne quoi, un écrivain sur Instagram ? Il y a un besoin d’exister par une forme de singularité ou de provocation, et je trouve que la sagesse manque un peu..." 

"J’aime les arbres, je les observe. Je grimpe dessus tout le temps. Alors évidemment, à 102 kilos, il faut les monter ! Mais c’est comme ça, j’ai besoin de ce corps-à-corps avec les arbres…"

"Le virus veut qu’on s’éloigne. Un salon du livre, c’est tout le contraire : ça rapproche des auteurs, ça unit les uns des autres. Alors, pour se rapprocher de l’autre, il reste les livres, pour épouser un temps sa vision du monde, se glisser dedans."

"Bon sang, ça n’en finit pas de recommencer ! On ne retire rien de nos expériences. Le mot résilience est très beau, et précieux, mais il va souvent de pair avec l’oubli..."

Carte blanche 

Pour sa carte blanche, Serge Joncour a lu un texte inédit à retrouver ici.

Programmation musicale

  • JULIETTE GRECO – Les feuilles mortes
  • KURT VILE / JOHN PRINE – How lucky
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