En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, l'icône de la chanson contestataire, Joan Baez, reçue par Augustin Trapenard en février 2018, pour son dernier album, "Whistle down the wind".

La chanteuse américaine Joan Baez à Las Vegas, le 13 novembre 2019
La chanteuse américaine Joan Baez à Las Vegas, le 13 novembre 2019 © AFP / Valérie Macon

Depuis plus de 50 ans, elle est l’incarnation vivante de la chanson engagée. Elle a été de tous les combats – de la lutte pour les droits civiques à la mobilisation anti-Trump. En février 2018, elle était venue avec sa guitare, et avait repris, en direct, Last Leaf de Tom Waits et The President sang amazing grace de Zoe Mulford. Joan Baez était dans Boomerang. 

Le mot d'Augustin

Je me souviens de l’émotion, si forte, qui m’habitait, ne serait-ce que parce qu’elle se trouvait là, devant moi, dans ce petit studio de la Maison de la Radio. Elle dont les chansons avaient rythmé toute mon enfance, tous les voyages en voiture, toutes les crises et toutes les joies familiales. Elle qui avait toujours incarné par ses propositions et par sa trajectoire musicale une certaine idée de l’harmonie. Elle dont la voix s’était toujours élevée, aussi, pour porter celle des oubliés d’hier et d’aujourd’hui. Je me souviens qu’elle s’était tranquillement assise dans le studio, et quand je lui avais demandé si elle pourrait nous chanter une chanson, elle avait demandé la permission d’en chanter d’eux. Avec sa vieille guitare un peu trop grande pour elle, le timbre de sa voix si particulier et cette immense générosité, elle chantait la résistance et la joie d’être encore là. Derrière la vitre du studio, la régie était pleine à craquer, et quand elle s’était mise à chanter, les yeux s’étaient mouillés.

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