Depuis plus de 80 ans, elle saisit visages et atmosphères. Il en résulte une œuvre monumentale et inclassable, teintée d'humanisme. Elle vient de recevoir le Prix Women in Motion pour la photographie, décerné par Kering et Les Rencontres d’Arles. Sabine Weiss est l'invitée d'Augustin Trapenard.

La photographe Sabine Weiss, juillet 2020
La photographe Sabine Weiss, juillet 2020 © AFP / Loic Venance

Née en Suisse, arrivée en France en 1946, à l'instar d'un Robert Doinseau ou d'un Willy Ronis, elle a su capter l'atmosphère du Paris de l'après guerre.  Mais son oeuvre est loin de se résumer à ces premiers clichés. En plus de 80 ans de carrière, elle a exploré le monde entier, en quête d'humanité et de lumière. Elle vient de recevoir le Prix Women in Motion pour la photographie, décerné par Kering en partenariat avec Les Rencontres d'Arles.  Les éditions de La Martinière lui consacrent une belle monographie, Emotions. Son travail sera exposé très prochainement à la Galerie Les douches. Sabine Weiss est dans Boomerang. 

Extraits de l'entretien

"Avec les procédés nouveaux, je me demande à quel point on va garder les photos. L’évolution de la technique est devenue trop facile et trop compliquée en même temps : un jour, j’ai eu trop de mal à comprendre, j’ai dit : j’arrête !"

"Moi, à l’époque, j’avais demandé à mon père de me faire un miroir avec un trou au milieu : les gens, quand je les photographiais, se voyaient exactement. En fait, j’ai inventé le selfie !"

"Il n’y a pas que la rue. J’ai mis en scène mon mari pour des projets plus expérimentaux. Je lui demandais de s’allumer une cigarette quand il ne fumait pas, ou de courir, mais pas trop loin : je ne voulais pas qu’il s’évade !"

"Pour certains, la photographie est un art. Pas pour moi. Mon mari était artiste, il créait. Moi, je ne crée pas : je témoigne de ce que je vois."

"Je vois moins de choses dans la rue aujourd’hui que dans le temps. Sans la télévision, les gens avaient le temps de se promener, et moi aussi. Tout se passait dans la rue : c’était un témoignage de la vie sociale, mais aussi une évasion."

Programmation musicale

  • JEANNE MOREAU - Le tourbillon 
  • ARLO PARKS – Green Eyes
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