En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, le compositeur de musique de film Gabriel Yared, reçu en juin dernier par Augustin Trapenard.

Gabriel Yared
Gabriel Yared © AFP / Asatur Yesayants / Sputnik

Autodidacte né au Liban, il est devenu l'un des plus grands compositeurs de musiques de films. Son travail sur "37.2 le matin", "Camille Claudel", ou encore "L’amant" – César de la meilleure musique – mais aussi "Le patient anglais" – récompensé par un Oscar, en ont fait l’un des compositeurs les plus marquants de ces quarante dernières années. Gabriel Yared était dans Boomerang. 

Le mot d'Augustin

Je me souviens de sa modestie. Quand il s’était assis dans le studio, il s’était fait tout petit et avait patiemment écouté, hochant la tête, attentif, délicieusement poli. Je me souviens de son impressionnante pédagogie, aussi, quand il expliquait l’art su complexe du contrepoint, sa composition de telle musique de film ou sa trajectoire d’autodidacte. Il parlait avec ses mains, prenait le temps de tout décomposer pour que l’on comprenne bien. Il ne faisait d’impasse sur rien - ni sur l’apprentissage, ni sur l’expérience, ni sur le mystère. Et tout au long de l’entretien, je ne cessais de penser à ce qu’il nous avait dit du contrepoint, cette écriture qui superpose des lignes mélodiques distinctes, cette science musicale qui ne connaît ni vérité ni point final. Il y avait dans ses souvenirs comme dans son discours une multitude de chemins parallèles, mille vies qui se répondaient entre elles. Et l’enjeu n’était pas de les réconcilier, puisqu’elles faisaient sens ensemble. C’est là la grâce du contrepoint, il me semble

Programmation musicale

Jasmina Joumblatt/Gabriel Yard – Dab Albi

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