Muse éternelle d’Yves Saint-Laurent, elle a brulé sa vie par les deux bouts auprès de l’un des plus grands artistes du siècle dernier. Une belle exposition, leur est actuellement consacrée au Musée Yves Saint-Laurent. Betty Catroux est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Yves Saint-Laurent et Betty Catroux
Yves Saint-Laurent et Betty Catroux © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Sa rencontre avec Yves Saint-Laurent a changé sa vie et a fait d'elle le visage le plus emblématique de la maison Saint-Laurent. L'exposition Betty Catroux, Féminin, Singulier revient sur leur amitié inconditionnelle qui a bouleversé la mode du tournant des années 1970. 

On parle de la nuit, d'excès, de duos, de contraires, d'androgynie, de nonchalance, de nostalgie et de fantômes avec Betty Catroux, invitée de Boomerang. 

A droite Loulou, à gauche Betty Catroux et au milieu, non pas coule une rivière, Yves Saint-Laurent
A droite Loulou, à gauche Betty Catroux et au milieu, non pas coule une rivière, Yves Saint-Laurent © Getty / Mirrorpix

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Betty Catroux a choisi de lire une lettre d'Yves Saint-Laurent.

Extraits de l'émission

"La nuit est un moment magique, étrange, où tout peut se passer. Tout est possible. Surtout à l’époque où je l’ai vécue, où tous les excès étaient permis. La nuit était bien plus belle que le jour."

"Je dansais dans une boîte, et Yves m’a vue. Il m’a demandé de défiler pour lui : j’ai dit non, ce qui l’a rendu fou de désir, car personne ne lui disait non. Mais ça a été le début d’une vie entière ensemble".

"On était des enfants gâtés, égoïstes, égocentriques, contre tout. Tout était idiot. Le monde normal nous répugnait, nous fuyions le quotidien."

"Saint Laurent détestait les bourgeoises, les femmes conventionnelles. Moi je suis le contraire de ça. J’étais aussi la femme androgyne qu’il voulait créer : je ne me suis jamais vue en femme, ni en homme. J’ai toujours été quelque part au milieu."

"Saint Laurent était nostalgique du passé, pas moi. Ce qui m’importe, c’est le présent et le futur. Je n’ai jamais eu de regrets, jamais !"

"J’ai toujours détesté la mode, puisque je m’habille pareil depuis toujours, comme un curé. Ça m’ennuie profondément. Ma seule passion est la danse, je suis une danseuse ratée."

Ce qui fascinait Saint Laurent chez moi, c’était ma manière de suivre mes impulsions, d’être libre, de choquer aussi. C’est très amusant de choquer. Je suis libre parce que je ne travaille pas, personne ne peut me virer : je suis un peu intouchable !

"J’ai toujours attiré malgré moi des gens de talent. J’ai beaucoup de chance pour cela. Je n’ai pas de talent, certes, mais j’ai peut-être celui de m’entourer du talent..."

"Chaque fois qu’Yves avait trop bu, il me demandait de divorcer et de l’épouser. Mais quelle horreur, pour rien au monde ! On ne peut pas imaginer un pire partenaire que Saint Laurent ! On n'épouse pas son double..."

"On ne pourrait plus vivre aujourd’hui comme on vivait à l’époque. J’ai presque honte de raconter cette histoire d’éternel amusement, et d’éternelle folie. Notre insouciance est gênante aujourd’hui, où tout est triste."

Programmation musicale

Lou Reed - Pale blue eyes

Bertrand Belin - Sur le cul

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