En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, le cinéaste Alain Cavalier, reçu par Augustin Trapenard lors du dernier Festival de Cannes.

Alain Cavalier en 2011
Alain Cavalier en 2011 © AFP / Camera One / Arte France Cinema / Collection ChristopheL

Il est le cinéaste de l'intime, de l'absent et d'une certaine forme indépendance. Dans son dernier film, "Être vivant et le savoir", présenté en séance spéciale lors du dernier festival de Cannes, il raconte l’histoire d’un film qui ne se fera pas. On parlait  de droit à mourir, de fantôme, d'absent, de caméra, de corps, de légumes et de foi. Alain Cavalier était Boomerang. 

Le mot d'Augustin

Je me souviens qu’on avait vu son film avant le Festival de Cannes, sur un grand canapé de son bureau-appartement, entouré de chats et de volutes de fumée. C’était un film si intime, le parcours de son amie Emmanuelle Bernheim qui souhaitait offrir à son père la liberté de mourir. C’était aussi l’histoire d’un film qui ne se ferait pas, emporté par la maladie de son personnage principal. Il en parlait au conditionnel, comme un film qui aurait pu voir le jour - et il y avait quelque chose de bouleversant à parler de pellicule comme s’il n’y en avait pas. À la question « Qu’est-ce que l’image permet de retenir ? », il avait répondu que c’était un artifice qui rendait un peu éternel. Il avait avoué dans un souffle que lui-même était en train de disparaître : « Au-delà de cette limite le ticket n’est plus valable ! » Je me souviens qu’il parlait de lui comme d’un « filmeur » (il en avait fait un film, d’ailleurs), et qu’il disait qu’il filmait tout le temps, même sans caméra, simplement avec ses yeux qui regardaient, qui stockaient, qui rendaient éternel. Dans ce petit studio installé tout en haut du Palais des Festivals, à Cannes, à ce moment-là, ce moment suspendu dans l’effervescence du monde, j’avais entrevu ce qu’il entendait par l’éternité

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