En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, le chanteur et musicien Christophe, emporté la nuit dernière par une maladie pulmonaire.

Christophe
Christophe © Getty

Il était le maitre intemporel d’une matière sonore et poétique qu’il sculptait avec la précision de l'orfèvre, la passion du précurseur et l'intransigence de la jeunesse. En avril 2016, il présentait "Les vestiges du chaos", son treizième album, vestiges d’un big bang créatif en perpétuel renouveau. Christophe était dans Boomerang. 

Le mot d'Augustin

Je me souviens de la nuit précédant l’entretien parce que je n’arrivais pas à dormir et je me doutais que lui non plus ne dormait pas. C’était l’époque des « Nuits debout », de ces nuits infinies où l’on imaginait un autre monde, un autre langage, un autre horizon - et je me souviens qu’il m’avait un peu raconté ses vies nocturnes de fête et de création. Des nappes musicales jusqu’au surgissement de la voix, du clavier trop petit qui était devant lui jusqu’aux mots de Bashung qu’il avait repris, on avait beaucoup parlé de la façon dont un morceau s’inventait. À chaque fois qu’on en arrivait là, son visage s’illuminait. À un moment, il avait reconnu que s’il aimait l’ombre plus que tout, cette dernière était aussi faite de lumière. Il était assis devant moi, tout en bagues, en noir et blanc, genre de dandy scintillant qui revenait sur ses vieux synthés, sampleurs ou machines à tordre la voix tout en étant radicalement ancré dans le présent. Je me souviens qu’on avait parlé du temps, justement, et de l’emprise qu’il n’avait pas sur lui. Je lui avais dit : « Si ça se trouve, vous êtes immortel », et il m’avait rétorqué dans un sourire que le temps nous le dirait.

Programmation musicale

Christophe - Dangereuse

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