Révélée, il y a quatre ans, par son documentaire "Ouvrir la voix", sur la place et la représentation des femmes noires dans la société française, son travail, à la croisée de l’intime et du politique, déconstruit les évidences.

La réalisatrice, comédienne, sociologue et afroféministe française Amandine Gay en mars 2021 à Paris
La réalisatrice, comédienne, sociologue et afroféministe française Amandine Gay en mars 2021 à Paris © AFP / Bruno Coutier

Militante afro-féministe, elle brise aussi les silences qui pèsent sur l’adoption. Dans « Une histoire à soi », son nouveau film, elle donne la parole à des personnes adoptées nées à l’étranger. Au fil des entretiens se dessine la nécessité, pour chacun, de construire son propre récit. On parle de mots, de filiation, de parentalité et de représentations, avec Amandine Gay, dans Boomerang. 

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Extraits de l'entretien

"Un enfant est une personne avec moins d'expériences, mais reste une personne. Une personne vulnérable et dépendante, mais dont on doit penser la place politique. Aujourd'hui les féministes se ressaisissent de ces questions"

"Bien que les femmes soient considérées comme un groupe dominé, elles ont une position de pouvoir dans la parentalité, où elles peuvent produire des violences envers les enfants. Il faut absolument penser cette question"

L'opacité de l'accès aux origines pour les enfants adopté.e.s renvoie à l'impossibilité de penser la pluri-parentalité et la circulation des enfants. Or à mon sens ce qui nous distingue des grands singes, c'est le fait d'élever des enfants à plusieurs.

"Deux groupes ont disparu des discussions sur l'adoption dans l'espace public : les familles de naissance, et les enfants. Il faut redonner la parole à tous les groupes concernés"

"Les conditions d'accès à l'espace public ont changé grâce aux réseaux sociaux: les personnes noires peuvent maintenant s'emparer de la narration. Mais il faut que les institutions changent : les médias ou le cinéma sont encore largement blancs"

L'universalisme se heurte toujours au réel. Si demain je me dis demain "je ne suis plus noire, je suis juste une humaine", je vais quand même avoir des difficultés à trouver un travail, un logement etc... 

"Quand Surya Bonaly refuse le podium en 1994 pour sa médaille d'argent, c'est un moment déterminant pour plein de femmes noires. Elle nous a montré que même en étant meilleure que tout le monde on vit l'injustice, mais qu'on n'a pas à baisser la tête"

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Amandine Gay a choisi de lire un extrait de son essai, « Une poupée en chocolat », qui paraitra le 23 septembre.

Programmation musicale

  • Miriam Makeba - I shall sing
  • Jane Birkin - Ces murs épais
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