Il est l'auteur de "La délicatesse", des "Souvenirs" ou de "Charlotte". Son nouveau roman, "Deux soeurs" (Gallimard) sort le 21 février. Il vient nous en parler en avant-première. David Foenkinos est l'invité d'Augustin Trapenard.

David Foenkinos
David Foenkinos © Getty

Dans "Deux soeurs", il nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui peine à se relever du départ de son compagnon et qui va progressivement se révéler sous un nouveau jour. On parle d'intelligence artificielle, de contemporain, de construction romanesque et d'Albert Cohen avec David Foenkinos, invité de Boomerang

L'art nous sauve, c'est le slogan absolu de ma vie. J'ai failli mourir à 16 ans, la beauté des phrases m'a accompagnée. La vie sensuelle rend la vie dense, chacun sa définition de la beauté ! 

Carte blanche

Pour sa carte blanche, David Foenkinos a écrit un texte inédit. 

Ma carte blanche, je voudrais justement la consacrer à tout ce qui est blanc. Ou même invisible. Tout ce qu’on ne voit pas et que l’on ressent. Je n’ai pas spécialement envie de passer pour un excité du paranormal, et encore moins vous sortir une boule de cristal mon cher Augustin. Je me sens davantage proche du François Mitterrand de sa dernière allocution télévisuelle, quand il a évoqué qu’il continuerait à être avec nous, car il croyait en « les forces de l’esprit ». Les forces de l’esprit, comme cette formule m’a marquée. Ce sentiment qu’un esprit survit aux gestes, aux paroles, à l’incarnation terrestre. Nous nous polluons si souvent d’un rien en comparaison de cette force là. François Mitterrand nous offre un sourire sur l’avenir alors qu’il est au crépuscule de sa vie. Cela me parle. La mort que j’ai frôlée à mon adolescence m’a propulsé dans une sorte de mysticisme poussé. Depuis je n’ai cessé de guetter les signes partout où je passe. Quand j’ai écrit sur Charlotte Salomon, j’avais l’impression de pouvoir la rencontrer en allant sur ses traces. Je crois profondément en la mémoire des murs, et même que les paysages peuvent nous raconter ce qu’ils ont vu. Nous avons parfois le sentiment de connaître ce que nous découvrons. Ces étrangetés, on les retrouve dans les livres de Modiano. Dans « Livret de famille », il a écrit : « J’avais 20 ans et ma mémoire précédait ma naissance. » Ma mémoire précédait ma naissance. Toute son œuvre est hantée par ce passé qu’il a le sentiment d’avoir connu. Les forces de l’esprit sont aussi celles du passé. Et finalement les époques se tiennent la main dans une temporalité homogène. Walter Benjamin l’a évoqué ainsi : « Il existe un lien tacite entre les générations passées et la notre. » Et il ajoute : « Nous avons été attendus sur la Terre. » Voilà, cela donne sûrement une densité aux jours, celle de croire à la beauté que nous faisons partie d’un mouvement non soumis à versatilité de nos secondes. Bon, je vois Augustin que vous auriez préféré que je vous sorte une boule de cristal… mais ne vous inquiétez pas, votre avenir est radieux. 

Programmation musicale

France Gall - Si Maman si

The Raconteurs – Now that you’re gone

Les invités
Programmation musicale
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.