[mise à jour] Peter Lindbergh est mort à 74 ans, a fait savoir sa famille ce mercredi 4 septembre. Le photographe était en septembre 2014 l'invité d'Augustin Trapenard.

Peter Lindbergh
Peter Lindbergh © Corbis / TOBIAS KLEINSCHMIDT/epa

Peter Lindbergh est un photographe de mode allemand. Maître du noir et blanc et portraitiste hors-pair, il a bousculé les codes de la photographie de mode. Augustin Trapenard a parlé avec lui féminité et photographie, engagement, 

Mais c'est intéressant de faire des portraits de femmes connues, c'est ce qui intéresse les gens.

Artiste épris de femmes et de liberté, il a évoqué avec Augustin Trapenard, l'exposition de ses photos à la Galerie Gagosian, et le livre qui rassemble une centaine de ses photographies publiés pour Reporters sans frontières. Il explique : "quand je fais un livre sur moi et sur mon travail, je ne peux pas mettre que des portraits, il y a aussi beaucoup d'autres choses, des natures mortes, des paysages. Cela fait une oeuvre plus large". 

Je ne me sens pas comme un monument de la photographie.

"Tous les matins quand je me réveille, je me sens aussi petit car je dois aller en studio ou n'importe où pour faire des photos et je ne sais pas ce que je dois faire et je me sens très petit." 

Mais que retient-il de ces années 90, période durant laquelle il a lancé ce phénomène de super-model ? "Ce n'était pas très facile parce qu'il y a eu un moment où c'était très prestigieux de travailler pour Vogue (américain). Mais je ne voulais pas travailler pour eux car l'image de la femme qu'il donnait ne me convenait pas". Peter Lindbergh explique alors qu'il a travaillé avec Vogue une fois qu'il a pu photographier comme il le voulait.  

"Aujourd'hui avec la retouche, cela dévalorise les femmes. Toute la perfection de ses images, c'est quelque chose que je n'aime pas du tout."

Je ne me sens pas comme un photographe de mode, mais je ne refuse pas le titre. 

Le photographe de mode allemand se dit engagé face à la photographie de mode qu'il a vu émerger : celle qui retouche les femmes pour en gommer les défauts. Face à cela, il prône une photographie sans fard, sans maquillage. 

"La beauté c'est un sujet très grand et très très très dur. C'est trop large et trop grand. On peut y mettre tout ou rien."

Il n'y a pas de beauté sans vérité et sans réalité.

"Aujourd'hui on pense que si on retire tous les défauts, toutes les petites rides du visage de quelqu'un, il devient parfait et c'est ça la beauté. Non, c'est tout le contraire."

On ne peut pas construire la beauté, on ne peut que trouver la beauté. 

Vous pouviez voir ses photos à la galerie Gagosian jusqu'au 22 novembre 2014, et vous tournez vers l'album de Reporters sans frontières Peter Lindbergh, 100 photos pour la liberté de la presse.

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