En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, "Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, la comédienne Bulle Ogier, reçue en octobre dernier, pour son livre "J'ai oublié".

Bulle Ogier en mars 2017 à Paris
Bulle Ogier en mars 2017 à Paris © Getty / Foc Kan

Comédienne par hasard, elle a été iconisée au cinéma par Jacques Rivette, Alain Tanner ou encore Barbet Schroeder ; au théâtre par Marguerite Duras, Luc Bondy ou Claude Régy. Dans "J'ai oublié", un texte sensible et puissant, récompensé par le Prix Médicis essai, elle raconte l'histoire d'une femme qui n'a rien calculé, d'une femme qui souvent s'est tue, d'une femme traversée par un souffle de liberté et le silence. Bulle Ogier était dans Boomerang.

Le mot d'Augustin 

Je me souviens de ses trous de mémoires. C’était d’autant plus bouleversant que le livre dont elle était venu parler s’intitulait « J’ai oublié ». Elle disait que lorsque sa co-autrice lui avait proposé d’écrire ses mémoires, elle avait rétorqué d’emblée que c’était peine perdue à cause de ses amnésies. Pourtant le livre existait et elle égrenait nombre de souvenirs, pendant l’entretien. Je me souviens de m’être soudain rendu compte que ses trous de mémoires, ses blancs ou ses amnésies étaient toujours très bien choisis. Peut-être que l’on pouvait décider, somme toute, de ne pas se souvenir de certaines choses. Par pudeur, pour se protéger, ou tout simplement par bienveillance envers soi-même. Elle s’arrêtait, elle se reprenait, elle effaçait parfois meme certaines de ses réponses, prétextant ne plus se souvenir. Mais toujours avec un sourire, parce qu’elle savait que l’on n’était pas dupe et que c’est c’était aussi pour parler des caprices de la mémoire qu’elle était devant moi ce matin-là. Pour toutes ces raisons, c’était une émission compliquée - mais force est de constater que je ne l’ai pas oubliée.

Programmation musicale

JEANNE MOREAU – J’ai la mémoire qui flanche

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