En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid-19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, dans le cadre d'une quinzaine consacrée au cinéma, le chef opérateur Darius Khondji, invité de Boomerang en juin 2017.

Darius Khondji
Darius Khondji © Getty / Jim Spellman

Ses images ont fait le succès des films de Jean-Pierre Jeunet, David Fincher, James Gray, Woody Allen ou de Michaeal Haneke. Il signait notamment la photographie de Okja, le nouveau blockbuster du coréen Bong Joon-Ho, présenté en compétition officielle, à Cannes, en 2017. Darius Khondji était dans Boomerang

Le mot d'Augustin

Je me souviens que je lui avais demandé s’il lui était déjà arrivé de courir après la lumière. Il m’avait regardé, interdit. Il disait qu’il fallait l’embrasser, la lumière. Il parlait de sa texture, de son orientation, de son récit. De son métier, aussi, comme d’un gardien de phare, celui qui cherchait sans cesse à éclairer ce qui était perdu dans le noir. Je me souviens que c’était merveilleux d’entendre parler du cinéma par le prisme de métiers qu’on n’entend pas. Qu’il évoque le blanchiment de la pellicule, qu’il explique ses noirs intenses ou qu’il traite de la problématique de la non-lumière, il avait cet art (que j’avais d’abord pris comme une coquetterie) de toujours se mettre en retrait. À l’entendre, il n’était que celui qui accompagne les plus grands. De David Fincher à James Grey, en passant par Michael Haneke, Woody Allen ou Jean-Pierre Jeunet. Ce matin-là, dans le studio de radio d’une émission qui n’est pas filmée, on cherchait à faire entendre la lumière, par sa voix, par des extraits de cinéma. On lui courait après. Je lui avais demandé s’il lui était déjà arrivé de courir après la lumière, et j’avais compris, au fil de l’entretien, que c’était là l’essence de son métier.

Programmation musicale

The Velvet Underground, Lou Reed, Beginning to see the light

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