Vous connaissez la romancière, lauréate du Prix du livre Inter il y a 6 ans pour "Jacob Jacob", mais elle est aussi scénariste, et traductrice attitrée de l’écrivain israélien Aharon Appelfeld. "En retard pour la guerre", son premier roman, reparait jeudi, en poche ! Valérie Zenatti est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Valérie Zenatti
Valérie Zenatti © Radio France / Anne Audigier

En pleine polémique autour de la traduction de l'oeuvre de la poétesse Amanda Gorman, elle est venue nous parler de langue et d'un métier assez peu souvent mis en lumière, celui de traducteur. L'occasion de prendre un peu de hauteur en évoquant son lien avec Aharon Appelfeld, mais aussi de parler de ce qui hante son écriture depuis la parution de son premier roman "En retard pour la guerre", réédité en format poche, pour l'anniversaire des trente ans des éditions de l'Olivier. On parle de mémoire, d'oubli et de lumière avec Valérie Zenatti, invitée de Boomerang

Extraits de l'entretien

"On oublie trop souvent que le traducteur est lui aussi auteur de la traduction : ce travail mobilise autre chose que les simples compétences du traducteur."

"Une bonne traduction implique des affinités avec le texte, et comme en musique une façon d'être dans les harmonies et la tonalité de la langue source."

"Traduire Aharon Appelfeld m'a enrichie. Son rapport aux mots s'est infiltré en moi.J'étais une enfant hantée par la Shoah, mais je ne me suis jamais sentie légitime à écrire sur ce sujet.Avec lui, j'ai traduit les livres que je n'ai jamais pu écrire."

"Un silence peut être saturé d'incompréhension, mais aussi riche d'amour et de connivence. C'est peut être le mode de communication le plus intense entre deux êtres."

"L'idée de la mort et de l'histoire qui broie les êtres m'a accompagnée enfant pendant longtemps. Aujourd'hui, j'aime la lumière parce que je connais bien l'obscurité, parce j'ai approché la douleur d'assez près pour apprécier les instants de bonheur."

"L'indignation est nécessaire et nous traverse tous. Mais se contenter de l'expression de l'indignation sans aller au delà est stérile. L'indignation doit entraîner la discussion et la réflexion, puis l'action politique"

"L'oubli m'a longtemps révoltée : j'ai commencé à écrire pour retenir la vie. Mais aujourd'hui, je pense que l'oubli est intéressant : ce qu'on retient est toujours une surprise. Maintenant, j'écris pour découvrir plutôt que pour ne pas oublier."

Carte blanche

Pour sa carte blanche Valérie Zenatti a choisi d'écrire un plaidoyer pour lever le malentendu autour de la notion de gentillesse.

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