Né au Cameroun, père de la "World music", saxophoniste hors pair, ambassadeur du continent africain, il fêtait l'année dernière ses soixante ans de carrière. Il vient de s'éteindre, des suites du Covid 19. En décembre 2018, Manu Dibango était l'invité d'Augustin Trapenard.

Manu Dibango en mars 2015 en concert en Normandie
Manu Dibango en mars 2015 en concert en Normandie © Getty / Francis Apesteguy/Redferns

Il a sillonné le monde et ouvert des horizons musicaux à toute une génération d'artistes, grâce, notamment à son titre, Soul Makossa. On revenait sur un destin guidé par l'amour de la musique, on parlait d'appropriation culturelle, de colonisation, mais aussi de jazz et de traditions avec Manu Dibango, invité d'Augustin Trapenard.

Le mot d'Augustin

Je me souviens de son humanisme. De cette façon qu’il avait de toujours traquer le meilleur dans le pire et de toujours traiter le mal par un sourire. Qu’on parle d’appropriation culturelle, de colonisation ou même du jazz et de ses multiples traditions - tout était prétexte à la joie, l’espoir et la confiance dans l’avenir. Je me souviens qu’il égrenait avec autant de bienveillance que de générosité chacun de ses souvenirs. Non comme un discours mille fois répété mais comme une  redécouverte de son passé.  Quand il fredonnait les chansons d’église de son enfance, quand il racontait sa drôle de passion avec le saxophone posé à ses côtés, quand il s’en était emparé, surtout, pour rejouer un standard soudain réinventé. Au fur et à mesure de l’émission, il s’était mis à improviser, justement, avec ses mots comme avec son instrument. Et je me souviens que j’y avais vu une sorte de philosophie de la liberté, une admirable confiance dans l’autre, dans la vie et dans le temps. C’est à cela que je pensais, quand il avait repris, pour terminer, un thème de Charles Aznavour qui s’appelait Sa jeunesse

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Manu Dibango interprétait au saxophone Sa jeunesse de Charles Aznavour.

La musique

Manu Dibango – The Panther

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