Chorégraphe, plasticienne, metteure en scène, et marionnettiste, ses performances renouent avec ce que le théâtre a de plus archaïque. Depuis une vingtaine d’années déjà, elle manipule les corps, se joue de nos perceptions et explore nos fantasmes les plus inavouables. Gisèle Vienne est l'invitée d'Augustin Trapenard.

La chorégraphe Gisèle Vienne en 2010 à Vienne
La chorégraphe Gisèle Vienne en 2010 à Vienne © AFP / HERBERT NEUBAUER / APA-PICTUREDESK / APA-PICTUREDESK

Elle est devenue l'un des grands noms du théâtre en France. Elle met en scène les corps, les fantasmes et le temps, dans des créations où se mêlent chorégraphie, arts plastiques, marionnettes et ventriloquie. L'étang, sa nouvelle pièce, avec Adèle Haenel et Ruth Vega Fernandez, sera bientôt au Théâtre des Amandiers de Nanterre. Gisèle Vienne est dans Boomerang

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Extraits de l'entretien

"On a toujours eu besoin de faire la fête. Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, on devrait faire taire les corps, on n’aurait plus besoin de cette cohésion sociale ? La fête, c’est bien au-delà du divertissement, c’est une recherche du sens…"

"Comme sur photoshop, c’est comme si on nous contourait pour nous extraire des autres. La grande violence qu’on nous impose, c’est d’extraire l’humain de l’humanité et de la planète." 

"Macron est un guignol. Entre le discours qui est fait et la réalité de la politique culturelle méprisante, en France, il y a un gouffre. Je ne crois pas que les gens qui nous gouvernent aiment et encouragent l’art." 

"Le temps passé n’existe que dans le temps présent. Donc la question du temps n'a lieu d'être qu’à travers l’expérience du présent, de l’aujourd’hui. Le défi alors, c’est d’être avec son corps, sa pensée, avec son époque."

"La manière dont nous percevons le monde est une pseudo-réalité, or elle est construite, à la manière d’une langue. Et on finit par croire que c’est la vérité. Donc je travaille à faire entendre ce que nous sommes éduqués à ne plus entendre."

"Pour développer la connaissance, on a besoin d’être en mesure d’écouter le sensible. Moi, je viens de la philosophie : je suis passée à l’art parce que j’ai senti l’entrave de ma pensée si elle n’était pas directement reliée au sensible." 

"Le corps se rebelle quand on lui impose une ultra-violence. On ne se révolte pas sans raison, on ne se lève pas des Césars parce qu’on n’a pas eu de César : on se lève parce qu’il y a un langage du corps merveilleux qui s’impose et s’exprime."

Carte blanche 

Pour sa carte blanche Gisèle Vienne choisi de lire un texte dans lequel elle fait dialoguer la pensée d’Elsa Dorlin, Judith Butler et Audrey Lorde

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