En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, l'écrivain Jean-Paul Dubois, reçu en aout dernier, pour un roman récompensé par le prix Goncourt quelques mois plus tard.

L'écrivain Jean-Paul Dubois, novembre 2019
L'écrivain Jean-Paul Dubois, novembre 2019 © AFP / Alain Jocard

Auteur de "Kennedy et moi", "Une vie française", ou encore "La succession", en une vingtaine de livres, il s'est constitué un lectorat fidèle.  Avec "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon"(Prix Goncourt 2019), il dressait le portrait d'un homme qui a tout perdu, dans un monde empreint de cynisme. Jean-Paul Dubois était dans Boomerang. 

Le mot d'Augustin

Je me souviens de ses résistances. De cette façon qu’il avait de refuser l’entretien - par pudeur, posture ou modestie - et de toujours finir par se laisser surprendre. C’était un art à part entière : depuis la tête qu’il avait passé dans le studio avant d’y entrer reculons, le soupir quand il s’était assis, et le savant froncement de sourcil dès la première question. Je me souviens qu’il répétait  qu’il n’avait rien à dire, mais dès que le rouge s’était allumé, il était devenu intarissable ! Que l’on parle de paysage, d’écriture ou de pouvoir, il avait cette lucidité qui me fait souvent croire que le destin se joue d’abord dans l’art. Et la clef de cette lucidité se jouait précisément dans ses petites résistances : l’art de savoir dire non, de ne pas se laisser conter fleurette ou de ne se lever que lorsque l’on n’a plus sommeil. Chacune des anecdotes savoureuses qu’il distillait tournait d’ailleurs autour de ce luxe et de ce hasard qu’il avait un jour saisis. Je me souviens qu’en sortant du studio, on s’était regardé, tous les deux, et on avait ri

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