En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid-19, « Boomerang" vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd’hui, la chanteuse Françoise Hardy, reçue par Augustin Trapenard, fin août 2018.

Françoise Hardy
Françoise Hardy © Getty

C’est une femme de mots à qui l’on doit l’un des plus beaux répertoires de la chanson française. Au gré de grandes et mélancoliques mélodies, elle convoque à l'envie absences, départs et rendez-vous manqués. Françoise Hardy était dans Boomerang

Le mot d'Augustin 

Je me souviens qu’elle détestait ses propres standards. Elle m’avait demandé si c’était moi qui avait choisi la chanson, Le Temps de l’Amour, par exemple, en ajoutant, non sans humeur, que c’était tout à fait dommage. Je me souviens qu’elle avait longuement parlé de sa naïveté de l’époque, et de cette façon qu’elle avait eu dans le passé de dire « Oui »  à tout. Chaque jalon de sa trajectoire semblait alors être l’histoire d’une audace qu’elle avait volée, sans faire exprès, sans crier gare, à sa timidité. Et puis le temps avait fait les choses. Elle parlait, ce jour-là, avec une rare liberté, me regardait droit dans les yeux, enchaînait les piques et les traits d’esprit dans un rire joyeux. Qu’elle évoque la mort, la rupture, fantômes d’hier et amis d’aujourd’hui. À un moment, elle s’était émue de l’acte de relire, et parlé de cette envie constante de retrouver la magie oubliée. Quand elle avait (re)lu ce texte de Sandor Maraï, tiré des Métamorphoses d’un Mariage, on entendait les mouches voler. « Pourquoi voulez-vous savoir ce qui est caché dans une âme ? », disait-elle la voix claire et rieuse. Je me souviens qu’après l’émission, moi aussi, je m’étais posé la question.

Programmation musicale

Françoise Hardy - Personne d'autre

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