En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid19, Boomerang vous propose une rediffusion de ses plus beaux entretiens. Aujourd'hui, le comédien, Fabrice Luchini, reçu par Augustin Trapenard en mars dernier.

Fabrice Luchini en août 2016 à Paris
Fabrice Luchini en août 2016 à Paris © Getty / Eric Fougere/Corbis

Il est un comédien amoureux des mots et qui manie le verbe à la perfection et de manière jouissive.Dans Le mystère Henri Pick, adapté du roman de David Foenkinos et réalisé par Rémi Besançon, il incarnait un critique littéraire plus vrai que nature, obsédé par la question de la vérité. Fabrice Luchini était l’invité de Boomerang

Le mot d'Augustin 

Je me souviens surtout qu’il s’amusait. Que chacune des questions lui inspirait un sourire attentif, un regard curieux, une envolée lyrique pour le simple plaisir de la joute ou de la pique. Il disait que son métier consistait à se laisser cannibaliser par la voix des autres, avec ce paradoxe passionnant qu’il vampirisait lui-même chacune de ses incarnations. Il moquait avec joie les phrases définitives de Marguerite Duras et enchaînait volontiers les aphorismes d’auteurs. Il mettait le métier d’écrivain plus haut que tout, et le sien au plus bas - tout en jouissant de chaque mot qu’il récitait de mémoire. Et toujours avec cette urgence, cette épilepsie, cette effervescence - comme s’il était empêché par le temps. Le temps de briller, mais aussi de faire preuve de générosité. Et puis le temps de s’amuser. Je me souviens que l’entretien avait commencé avant que le rouge s’allume et s’était terminé une heure et demie plus tard sur le trottoir. Il faut bien convenir que c’est rare.

Programmation musicale

  • James Brown - Please, please, please
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