Depuis la dernière cérémonie des César et sa sortie fracassante, elle ne s'est pour ainsi dire pas exprimée dans les médias. Elle revient sur une année pour le moins tendue dans un entretien inédit. Adèle Haenel est l'invitée d'Augustin Trapenard.

L'actrice Adèle Haenel à Toronto au Canada en juin 2019 pour la sortie de "Portrait de la jeune fille en feu"
L'actrice Adèle Haenel à Toronto au Canada en juin 2019 pour la sortie de "Portrait de la jeune fille en feu" © Getty / V E Anderson/WireImage

Elle est devenue une icône du féminisme aujourd'hui. Après-demain, elle sera à l'affiche du premier long-métrage d’Aude-Léa Rapin, Les héros ne meurent jamais. Un road trip à travers la Bosnie peuplé de mémoire et de fantômes. On parle de mémoire, mais aussi de Roman Polanski, de combat  et de cinéma. 

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Adèle Haenel a choisi de lire un texte de Monique Wittig, "Le corps lesbien".

Extraits de l'entretien

"Quand on est déjà dehors, on reste debout et on continue de gueuler. Il y a un vrai dynamisme dans la société française aujourd'hui, malgré tout, et j’ai envie de faire partie de ce peuple-là, en fait"

"Définir ce qui peut être interrogé, c’est déjà décider pour les autres ce qui est politique et ce qui ne l’est pas."

"Le cinéma est un instrument de lutte, évidemment : la mise en scène supprime l’évidence. Le cinéma est politique au sens où il reconstruit des images, remet en question la spontanéité de notre grille de lecture habituelle."

"Quand on prend la parole, on se radicalise dans ses choix artistiques. Cela ne permet plus vraiment une zone grise où le sens n’est pas très clair. Mais même si on est deux ou trois face à une foule, on ne se sent plus seuls"

"Il faut toujours concevoir comment, dans toutes les dynamiques, on est dominants quelque part, et comment on doit se remettre en question soi-même. Refuser de voir cela, c’est s’accrocher à un pouvoir morbide"

"Je ne pense pas qu’on préexiste à une rencontre, je pense qu’il y a quelque chose de nous qui advient seulement quand on rencontre une personne. Les autres sont une possibilité de survivre, d’exister, de respirer."

"Je pense le jeu comme une question philosophique qui nous traverse : comment on advient au travers d’un personnage, d’un enjeu, qui est celui du film ? L’alibi de faire semblant me permet de vivre vraiment."

Programmation musicale 

SHIRLEY BASSEY – The girl from Tiger Bay

ANGELE - Tu me regardes

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.