En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, l'écrivain américain Armistead Maupin, reçu en mai 2018 par Augustin Trapenard.

L'écrivain Armistead Maupin en 2018 à Saint-Malo
L'écrivain Armistead Maupin en 2018 à Saint-Malo © Getty / Sophie Bassouls

Il y a quarante deux il révélait un visage inédit, drôle et subversif des Etats Unis à travers ses "Chroniques de San Francisco" désormais cultes. "Mon autre famille", c’est le titre de son autobiographie, parue aux éditions de l'Olivier et dont il venait s'entretenir avec Augustin Trapenard. Armistead Maupin était dans Boomerang

Le mot d'Augustin 

Je me souviens, à la toute fin de l’entretien, de ma lecture d’un extrait des « Chroniques de San Francisco ». Pour illustrer une expérience qu’il venait de partager, j’avais décidé de lire tout haut la grande lettre de coming out de Michael Tolliver, son héros. Il me regardait droit dans les yeux, l’air un peu étonné et le sourire malicieux. Il ne parlait pas français mais je me souviens qu’il écoutait la musique de ses propres mots avec une certaine sidération. Cette folle idée qu’une expérience un jour vécue, traduite en fiction il y a des années et des milliers de lieues, continue de résonner aujourd’hui avec la même intensité ! C’était une lettre si simple, si belle, si nourrie des combats, des douleurs et des victoires du passé. Une lettre à sa mère, pour lui dire en substance qu’il était heureux, que « ça » ne changeait rien et qu’il l’aimait beaucoup. Je me souviens qu’après l’émission, j’avais reçu beaucoup de témoignages d’auditeurs, pour qui la lecture des « Chroniques » avaient été un jalon en termes d’acceptation de soi. Je ne m’étais rendu compte que cette lettre de Michael Tolliver parlait aussi de moi que lorsque ma mère m’avait écrit, elle aussi, quelques heures plus tard, pour me dire que tout cela l’avait bouleversée.

Programmation musicale

Otis Redding - (Sittin' on) the dock of the bay

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