"Pour ne pas mourir d'ennui. J'ai besoin d'avoir des projets et de travailler". Ce jour là il était venu parler de son dernier livre "Je me souviendrai de tout" (Fayard), qui revenait sur les événements des 18 mois précédent, parmi lesquels l'attentat de Charlie Hebdo. Guy Bedos était dans Boomerang.

Guy Bedos
Guy Bedos © Getty

Le mot d'Augustin

Je me souviens qu’il était d’une autre génération. De celle qui saluait chaque technicien, chaque stagiaire, chaque chargé de réalisation ou de production qui croisait son chemin. De celle qui prenait le temps d’être charmant, de s’intéresser, de poser des questions à chacun. De celle qui avait l’élégance de l’intelligence, enfin. À chaque fois, il faisait l’effort d’un bon mot ou d’une anecdote truculente, il avait l’audace de l’irrévérence ou de l’émotion. Au détour d’une flèche dont il avait le secret, il essuyait ses yeux mouillés en évoquant Barbara, Simone Signoret, sa mère de substitution ou ses enfants. Et puis à un moment, il m’avait dit qu’il avait écrit son livre « pour ne pas mourir d’ennui ». C’était une phrase anodine, a priori - mais au fil de l’entretien, je m’étais rendu compte que c’était fondamental, chez lui. Chaque sortie, chaque pique ou chaque écrit était une révolte contre l’ennui. L’ennui du monde qui paresse et l’ennui du langage qui s’aseptise. L’ennui d’être de plus en plus solitaire, à mesure que les autres s’en vont. Dans ce refus, dans ce grand non, il y avait quelque chose de l’ordre (ou du désordre) de la résistance.

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Monique Cerf - Moi j'me balance

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